‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 513 sur 551 · ALPHONSE OE POITIERS · texte numérisé non relu

ALPHONSE OE POITIERS

seurs, il priait le sénéchal de permettre qu'une partie de cette fortune restât aux enfants des accusés. Refus du loyal serviteur. Là-dessus, Tévéque, mal conseillé et au mépris des droits du comte, s'efforça d'éviter la confiscation en condamnant les hérétiques à quelques pénitences légères. Le sénéchal pratiqua sans tarder la saisie des biens, après quoi il en abandonna quelques miettes aux pénitents et à leurs enfants, ce qui ne l'empochait pas, écrivit-il, d'avoir encaissé environ mille livres; il termine en conseillant au comte, s'il veut éviter d'être trompé, de désigner quelqu'un pour surveiller la suite des opérations de l'évèque. D'autre part, les évêques se plaignaient que les officiers d'Alphonse permissent aux hérétiques, moyennant finances, de garder une partie de leurs biens et condamnassent au bûcher des malheureux qui ne le méritaient pas, afin de pouvoir s'emparer de leur avoir. Ces infâmes abus devinrent tellement intolérables qu'en 1254 les officiers d'Alphonse, y compris Gui Foucoix, essayèrent d'y porter remède en publiant un règlement général; mais il était bien difficile de faire disparaître ces scandales, conséquences naturelles de l'institution. Alphonse, 519 malgré sa cupidité, consentait à partager ses rapines avec ceux grâce auxquels il les exerçait ; nous connaissons plusieurs exemples de ses libéralités, dont le désintéressement est d'ailleurs douteux. En 1268, il attribue à l'Inquisition un revenu de cent livres par an sur les biens confisqués d'un hérétique ; en 1270, il autorise la contruction d'une chapelle, sur des fonds de provenance analogue (1).

Naturellement, les spoliateurs mettaient un zèle extraordinaire à rechercher partout la matière à confiscation Le registre des confiscations, opérées de 1302 à 1313 par les procureurs des encours de Carcassonne, nous est parvenu en manuscrit; nous y voyons avec quel soin on recouvrait les créances des condamnés, même s'il ne s'agissait que de quelques sous. Dans le cas d'un prisonnier opulent, Guillem de Fenasse, il fallut huit à dix

(1) Boutaru', Saint Louis et Al honse de Paitie s, Paris, 1S70, p. 455-6. — Douais, Les sources de Vhïst. de Vlnquis. (in Bev. des qm-si. hist. oct. 1881, p. 436). — Coll. Doat, xxxn. 51, 64.

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