QUESTION LES PRISONS
7 juillet de la même année il attribue cinq onces par mois à l'entretien du personnel de l'inquisiteur (1).
En France, il y eut d'abord quelque hésitation. Le droit des évêques était si clair qu'ils ne pouvaient pas refuser de supporter au moins une partie des dépenses. Avant l'établissement de l'Inquisition, cette charge consistait presque uniquement dans l'entretien des convertis emprisonnés. Au concile de Tours, les évêques consentirent à l'assumer quand les captifs seraient sans ressources ; en revanche, les prisonniers dont on avait confisqué les biens devaient être nourris par les princes, bénéficiaires de la confiscation. Cette proposition, comme celle que fit plus tard le concile d'Albi, en 1254, entraînait des complications et fut mal appliquée. Les statuts de Raymond, en 4234, entrèrent dans de grands détails au sujet des confiscations, mais ne firent aucune provision pour doter l'Inquisition nouvelle des ressources nécessaires. La question resta pendante.
En 1237, Grégoire IX se plaint que les officiers royaux ne paient rien pour l'entretien des prisonniers dont ils ont confisqué les biens. Quand, en 1246, le concile de Béziers se fut réuni, le cardinal légat d'Albano rappela aux évoques que c'était leur devoir de financer, conformément aux décisions du concile de Montpellier dont les procès-verbaux ne nous sont pas parvenus. Gela ne faisait pas l'affaire des bons évêques. Comme nous l'avons vu, ils demandaient que les prisons fussent construites aux frais des bénéficiaires des confiscations et proposaient que les amendes servissent à leur entretien et à l'entretien des 527 inquisiteurs. Mais Saint-Louis ne pouvait se résigner à voir interrompre une pieuse besogne faute de moyens appropriés. En 1248, il prend sur lui les dépenses de l'Inquisition dans tous les territoires de la Couronne ; nous avons vu plus haut comment il se chargea des frais afférents aux prisons et à leurs hôtes. En 1246, il ordonna à son sénéchal de Carcassonne de
(1) Mss. Bib. Nat., fonds la t. n° 14930, fol. 228. — Guid. Fulcod. Quœst. m. — Archiv. di Napoli, Reg. 6, lett. B, fol. 35; Reg. 10, lett. B, fol. 6, 7, 96: Reg. Il, left. C, fol. 40; Reg. 13, lett. A, fol. 212; Reg. 51, lett. A, fol. 9; Reg. 71, le t. M, fol. 382, 385, 440; Reg. 98, lett. B, fol. 13; Reg. 113, leit. A, fol. 194; Reg. 253, lett. A, fol. 63; Mss. Chioccorelli, t. vin.