‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 522 sur 551 · CONFISCATION ET PERSÉCUTION · texte numérisé non relu

CONFISCATION ET PERSÉCUTION

s'élevant à 900 livres. Bien qu'à cette époque le rendement des confiscations commençât à décliner, il était encore considérable. Assalit reconnaît avoir perçu dans l'année 2,219 livres, sept sols et dix deniers ; pendant le même temps, ses dépenses, comprenant des frais judiciaires assez lourds et le payement extraordinaire fait à Olbert, se sont cbvées à 1,168 livres, 11 sols et 4 deniers, laissant à la Cour, nne un bénéfice net de 1,050 livres (1).

Il est incontestable que la persécution, en tant que politique régulière et continue, reposait essentiellement sur la confiscation. Seule, la confiscation fournissait des aliments à ce beau zèle pour la foi, qui languissait misérablement dès que les profits faisaient défaut. Quand le Catharisme eut disparu sous les coups de Bernard Gui, le déclin de l'Inquisition commença et ne fit que s'accentuer. Les autres hérétiques, Spirituels, Dulcinistes, Fraticelles, étaient des mendiants, qui avaient la propriété en horreur ; les Vaudois étaient de pauvres paysans ou des bergers; c'est tout au plus si un sorcier ou un usurier fournissait de loin en loin une bonne prise. Néanmoins, jusqu'en 1337, l'office de bailli des confiscations pour hérésie à Toulouse était encore suffisamment lucratif pour trouver preneur; l'année fiscale précédente avait donné un revenu de 640 livres et six sols (2).

L'insuccès de la première tentative pour introduire l'Inquisition en Franche-Comlé montre bien clairement que le zèle 530 religieux et l'appétit du bien d'autrui étaient connexes. Jean, comte de Bourgogne, représenta à Innocent IV, en 1248, que l'hérésie vaudoise se répandait dans la province de Besançon et supplia le pape d'y porter remède. Jean ne voulut-il pas payer les frais du traitement, ou bien la récolte opérée fut-elle maigre ? Quoi qu'il en soit, les moines envoyés en Bourgogne demandèrent à être rappelés, assurant qu'ils s'étaient épuisés

(1) Coll. Doat, xvxiv. 189. — En 1317, les profits avaient été bien moindres. Nous possédons le reçu du trésor er royal de Carcassonne, Lothaire Blanc, délivré à A.<*salit le 24 septembre 1317; les recettes nettes, déduction faite des salaires et autres dépenses, n'avaient été que de 4°5 livres, six sols, onze deniers.

(2; Doat, xxxv. 79, 100. — Vaissete, éd. Privât, x. Pr. 705, 777, 783.

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