‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 523 sur 551 · CYNISME DE CHARLES IV · texte numérisé non relu

CYNISME DE CHARLES IV

en vains efforts faute d'argent. Alexandre IV agréa leur létiliôn e.i 1255. La même conclusion s'impose quand on constate l'inutilité des tentatives pour établir l'Inquisition au Portugal. Quand, en 1376, Grégoire XI prescrivit à l'évêque de Lisbonne de nommer un inquisiteur franciscain pour le royaume, il stipula que le titulaire recevrait deux cents florins d'or par an, à percevoir sur les sièges épiscopaux en proportion de leurs contributions forcées à la Chambre pontificale. La force d'inertie que l'on opposa aux instructions du pape fut simplement l'effet du mauvais vouloir des évêques, qui ne voulaient pas être taxés ainsi ; on peut en dire autant pour expliquer l'insuccès de Boniface IX, lorsqu'il nomma Fray Vicente de Lisbonne inquisiteur d'Espagne et ordonna que ses dépenses fussent supportées par les prélats du pays (1).

La tentative la plus cynique pour défrayer l'entretien de l'Inquisition fut celle de l'empereur Charles IV, lorsqu'il essaya, en 1369, de l'établir solidement en Allemagne. Les hérétiques n'étaient ni nombreux ni riches et la confiscation de leurs biens ne promettait qu'un aliment précaire au zèle de Kerlingcr et de ses compagnons. Nous ^errons plus loin comment les maisons des innocents Beghards et Béguins furent confisquées sommairement afin de fournir des logements et des prisons aux inquisiteurs; les villes étaient invitées à prendre leur part de ces vols, dans l'espoir de capter ainsi la faveur du peuple. Mais tout échoua devant la répugnance invincible que le Saint-Office inspirait, en Allemagne, au peuple et aux prélats (2).

Eymerich, écrivant en Aragon, vers 1375, dit que le mode d'entretien de l'Inquisition est une question depuis longtemps eoj débattue et qui n'a jamais été résolue nettement. L'opinion la plus répandue, parmi les hommes d'Église, était que le fardeau devait incomber aux princes temporels, qui, profitant des confiscations, avaient le devoir d'accepter les charges ; mais de nos jours, ajoute tristement Eymerich, il y a peu d'hérétiques

(i, Potthast, n° 13000, 15993. — Monteiro, Historia a Sanlo Inquisicà», P. :, lib. ii. c. 34. 35.

(-2) M.tsheim de Beyhardis, p. 33G-G3.

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