DÉCLIN DE L'INQUISITION
obstinés, moins encore de relaps et presque pas d'hérétiques riches, de sorte que les princes, n'ayant pas grand chose à gagner, sont peu disposés à se mettre en frais. Il faudrait trouver une autre combinaison, mais toutes celles qu'on a proposées se heurtent à des objections fâcheuses; sur quoi Eymerich conclut en regrettant qu'une institution si salutaire et si nécessaire à la chrétienté soit aussi mal assurée du lendemain (1).
Pendant qu'Eymerich s'attristait de la sorte, la question se présentait ailleurs sous son aspect le plus prosaïque. Jusqu'en 1337, les comptes de la sénéchaussée de Toulouse font état des dépenses pour un auto de fé> pour la réparation des immeubles de l'Inquisition, les salaires de l'inquisiteur et de ses aides et l'entretien des prisonniers. Mais la confusion et la misère résultant de la guerre de Cent Ans firent bientôt disparaître ces articles du budget. En 4375, Grégoire XI persuada au roi Frédéric de Sicile d'autoriser l'inquisiteur à percevoir les biens confisqués, afin que les ressources ne manquassent pas à l'œuvre de salut. En même temps, il fit un vigoureux effort pour exterminer les Vaudois qui se multipliaient dans le Dauphiné. Il y avait des prisons à construire, des foules de prisonniers à nourrir, et le pape ordonna que ces dépenses fussent supportées par les prélats qui, par leur négligence, avaient laissé croître l'hérésie. Mais bien qu'il menaçât les récalcitrants d'excommunication, les bourses des évêques demeurèrent closes et bientôt après nous voyons l'inquisiteur réclamer une part des confiscations, par la raison qu'il n'a pas d'autres ressources pour subvenir aux besoins de son tribunal. Les officiers royaux insistèrent pour conserver le tout et il en résulta une chaude querelle qu fut soumise au roi Charles le Sage. Ce monarque conféra avec le Saint Siège et, en 1378, publia um ordonnance par laquelle 532 il se réservait tout le produit des confiscations et attribuait à l'inquisiteur un salaire annuel de 190 livres tournois (le même qu'aux tribunaux de Toulouse et de Carcassonne), sur lequel devaient être payées toutes les dépenses de l'Inquisition. Le roi
(1 Eymeric. Direct. Inquis. p. 652 3.