‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 531 sur 551 · AFFAIRE PE MIREPOIX · texte numérisé non relu

AFFAIRE PE MIREPOIX

Une faudrait pas croire, d'après ces injonctions répétées, que le pouvoir séculier témoignât de la répugnance à s'acquitter de son horrible besogne. Les enseignements de l'Église avaient pénétré trop profondément les âmes pour qu'un doute pût y subsister au sujet de la légitimité de la répression. Comme nous l'avons vu plus haut, les lois de tous les Etats de l'Europe condamnaient les hérétiques à être brûlés vifs et même les Républiques libres de l'Italie reconnaissaient en l'inquisiteur un juge dont les arrêts devaient être aveuglement exécutés, ttaymond de Toulouse lui-même, dans l'accès de piété qui précéda sa mort, en 1249, fît brûler vifs à Berlaiges, près d'Agen, quatre-vingts hérétiques qui s'étaient confessés en sa présence, sans même leur laisser le temps de se rétracter. A en juger par les sentences contemporaines de Bernard de Caux, il est probable que si ces infortunés avaient été jugés par l'inquisiteur, aucun d'eux n'aurait été condamné au bûcher comme impénitent. Tout aussi significative, à cet égard, est l'accusation intentée par le maréchal de Mirepoix contre le sénéchal de Carcassonne, parce que ce dernier avait entrepris sur le droit du maréchal de brûler lui-même tous ceux de ses sujets que l'Inquisition déclarait hérétiques. En 1269, le Parlement de Paris donna raison à Mirepoix ; sur quoi, le 18 mars 1270, le sénéchal permit que les ossements de sept hommes et de trois femmes de ses domaines, récemment brûlés à Carcassonne, lui fussent solennellement restitués en reconnaissance de ses droits. S'il était impossible de retrouver ou d'identifier ces ossements, dix sacs remplis de paille devaient être remis en leur lieu et place aux hommes du maréchal. Chose incroyable, cette affreuse cérémonie eut lieu, en effet, deux jours après, et 538 le souvenir en fut conservé par un acte notarié. Or, bien que lesDe Levis de Mirepoix s'enorgueillissent du titre deiïfaréchauœ de la Foi, on ne peut supposer que leur zèle, dans cette circonstance, fût simplement le produit d'un fanatisme sanguinaire : en réalité, ce à quoi le seigneur-justicier tenait pardessus tout, c'était à conserver l'intégralité de sa juridiction.

Une querelle semblable s'éleva en 1309, lorsque le comte de

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