‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 532 sur 551 · QUERELLES ENTRE PRINCES ET EVÊQUES · texte numérisé non relu

QUERELLES ENTRE PRINCES ET EVÊQUES

Foix réclama le droit de brûler l'hérésiarque cathare Jacques Autier, ainsi qu'une femme nommée Guillelma Cristola, condamnés par Bernard Gui, parce qu'ils étaient ses sujets ; mais les officiers royaux soutinrent le privilège de leur maître et il en résulta un litige qui était encore pendant en 1326. De même encore, à Narbonne, il y eut une longue dispute entre l'archevêque et le vicomte au sujet de la juridiction et lorsque, en 1319, celui-ci, d'accord avec l'inquisiteur Jean de Beaune, « relâcha » trois hérétiques, il réclama pour son tribunal le droit de les brûler. La commune, représentant le vicomte, protesta et Ja querelle ne fut apaisée que par le représentant du roi, qui intervint pour conduire lui-même l'opération. Mais ce dernier eut grand soin de déclarer qu'il n'entendait ainsi porter préjudice à aucune des parties et l'archevêque n'en continua pas moins de réclamer contre ce qu'il considérait comme un empiétement sur ses droits (1).

Si, toutefois, pour une raison ou pour une autre, les autorités séculières hésitaient à exécuter un hérétique, l'Église intervenait aussitôt de tout son pouvoir pour les réduire à l'obéissance. Ainsi, après que la première résistance eût été brisée à Toulouse et que l'Inquisition eût été réinstallée dans cette ville, les inquisiteurs, en 1237, condamnèrent comme hérétiques dix hommes et femmes ; sur quoi les consuls et le viguier refusèrent de «recevoir» les condamnés, de confisquer leurs biens et de « faire d'eux ce qu'il est d'usage de faire des hérétiques ». autrement dit, de les brûler vifs. Immédiatement, après s'être consultés avec l'évêque, l'abbé du Mas, le prévôt de Saint Etienne et le prieur de La Daurade, les inquisiteurs excommunièrent solennellement, dans la cathédrale de Saint Etienne, 539 les fonctionnaires récalcitrants. En 1288, Nicolas IV déplorait la négligence et le mauvais vouloir dont témoignaient, en bien des villes, les autorités séculières, cherchant à éviter l'exécution es arrêts de l'Inquisition; le pape ordonnait que les coupables fussent excommuniés et destitués de leurs charges, que leurs

(l) Guill. Pc!. Laur. cap. 48. — Les Olim, i. 317.— Vaissete, éd. Privât, VIII. 674. Pr. 484, 659. — Baluz. et Mansi, n. 257.

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