‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 536 sur 551 · TRAITEMENT DES RELAPS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES RELAPS

C'était un hérétique incorrigible que l'Église désespérait de reconquérir. Toute pitié lui eût été témoignée en pure perte : le bûcher le réclamait. Il faut dire cependant, à l'éloge de l'Inquisition, qu'elle mit longtemps à faire passer dans la pratique l'horrible théorie des relaps que nous allons exposer.

Dès 1184, le décret de Vérone de Lucius III prescrit que tout relaps, c'est-à-dire tout individu qui, après abjuration, est retombé dans la même hérésie, sera livré aux tribunaux séculiers, sans même être enlendu, à nouveau. L'édit de Ravenne de Frédéric II, en 1232, enjoint de mettre à mort tous ceux qui, étant relaps, montrent que leur conversion n'a été qu'une 544 feinte pour échapper au châtiment de l'hérésie. En 1244, le concile de Narbonne fait allusion au grand nombre de ces cas et, se conformant aux instructions de Lucius III, ordonne que les coupables soient livrés sans nouveau procès. Mais ces prescriptions implacables furent mal observées. En 1233, Grégoire IX se contente de condamner les relaps, qu'il dit être nombreux, à la prison perpétuelle. Par une seule sentence, en date du 19 février 4 237, les inquisiteurs de Toulouse condamnent à la prison perpétuelle dix-sept hérétiques relaps. Raymond de Pennaforte, au concile de Tarragone, en 1242, fait allusion à la diversité des opinions sur ce sujet et se prononce pour la peine de la prison; en 1240, le concile de Béziers, renouvelant des instructions analogues, déclare qu'elles sont en harmonie avec les mandats apostoliques. Il arrivait même qu'on ne poussait pas si loin la sévérité. En 1242, Pierre Cella se contenta de prescrire des pèlerinages et le port de croix et, dans un cas de Florence, en 1245, nous voyons Frà Ruggieri Calcagni imposer seulement au délinquant une amende qui ne parait pas exagérée (1).

Que faire de cette multitude de faux convertis ? C'était là

(i) Lucii PP. III. Epist. 171. — Hist. Diplom. Frid. n. T. vr. p. 300. — Concil. Narbonn. ann. 1244 c. 11. — Gregor. PP. IX. Bull. Ad c%p;e»das (Vaissete, m. Pr 304). — Epist. Saecul. xm, n° 514 (Mon. Germ. Hist.) — Kipoll i. 55; — Concil. Tarracon. ann. 1242. — Doctrina de modo procedendi (Martene, Th sau . y. 1&00). — Concil. Biterrens. ann. 1240, App. c. 20. — C 11. Doat, XXI. 148, 292. — Lami, Antich. Toscan', p. 5Gj.

Page 1