FAUTEURS RELAPS
pour impénitence. Là où la culpabilité elle-même était si sonvent impalpable et indémontrable, la tâche de la mesurer n'était évidemment pas facile.
Il y avait des cas où un premier procès avait simplement établi une suspicion sans preuve et il semblait dur de condamner un homme à mort, pour une seconde offense présumée, quand il n'avait pas été convaincu de la première. Hésitant devant cette énormité, les inquisiteurs s'adressèrent à Alexandre IV, qui leur fit une réponse très nette. Quand la suspicion avait élé violente, dit-il, on devait « par une sorte de fiction légale », la considérer comme la preuve légale de la culpabilité, et l'accusé devait être condamné en conséquence. Quand la suspicion avait été légère, il devait être puni plus sévèrement que pour une première faute, mais sans qu'on lui appliquât l'intégralité des peines portées contre les relaps. D'ailleurs, les preuves requises pour établir la seconde offense étaient des plus faibles; il suffisait d'avoir entretenu des rapports avec un hérétique ou de lui avoir témoigné quelque amitié. Cette décision fut réitérée par Alexandre et par ses successeurs, avec une insistance qui prouve combien les faits ainsi visés prêtaient à controverse ; mais la règle de la condamnation des relaps finit par être incorporée dans le droit canonique et devint la loi inaltérable de l'Église. Les auteurs, à l'exception de Zanghino, s'accordent à dire qu'en pareil cas il n'y a pas de place pour la pitié (1).
D'autres difficultés s'élevaient autour de certaines fautes qui présentaient un caractère de gravité moindre. Ainsi l'on se demandait comment il fallait traiter le fauteur relaps. Le 548 conciïe de Narbonne (1244) opina qu'on devait l'envoyer au pape afin qu'il lui demandât l'absolution et reçut de lui une pénitence; mais ce moyen parut trop compliqué. Pendant la période moyenne de l'Inquisition, les auteurs, y compris Bernard Gui, tout en ne prescrivant pas d'abandonner le coupable au
(1) Alex. PP. IV. Bull. Quod super nonnullis, 9 Dec. 1257, 15 Dec. 1258, 10 Jan. 1260. — Urban. PP. IV. Bull. Quod super nonnullis, 21 Aug. 1262. — Can. 8 Sexto v. 2. — Bern. Guidon. Practica P. iv (Doat, XXX). — Eymeric. Direct. lnquis. p. 331. — Bernardi Comens. Lucern. Inguis. s. v. Relapsus. — Zanchini Tract, de Bseret. c. xvi.