‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 544 sur 551 · PROCÉDURE DES EXÉCUTIONS · texte numérisé non relu

PROCÉDURE DES EXÉCUTIONS

étranglé avant qu'on n'allumât les fagots; l'invention de la poudre n'avait pas encore suggéré l'expédient moins humain qui consista plus tard à suspendre autour de son cou un sac de cet explosif, afin d'abréger ses tortures au moment où les flammes viendraient le lécher. Le malheureux était attaché vivant à un poteau qui dominait une pile de bois d'assez haut 552 pour que les fidèles pussent observer tous les actes de la tragédie. De saints hommes l'accompagnaient jusqu'au bout, dans l'espoir d'arracher, si possible, son âme au Diable; s'il n'était pas relaps, il pouvait encore, au dernier moment, sauver son corps. Mais jusque dans ces préparatifs suprêmes, nous voyons un exemple de la singulière inconséquence avec laquelle l'Église imaginait pouvoir éluder la responsabilité de ses meurtres. Les Frères qui accompagnaient la victime avaient défense expresse de l'exhorter à mourir sans résistance, ou à monter d'un pas ferme l'échelle qui conduisait au poteau fatal, ou à se remettre courageusement aux mains du bourreau; car, en lui donnant ces conseils, ils pouvaient contribuer à hâter sa fin et, par suite, commettre une « irrégularité. » Édifiant scrupule, assurément, et bien placé dans l'esprit de gens qui avaient déjà accompli un meurtre judiciaire ! En général, on procédait à l'exécution un jour de fête, afin que la foule pût être plus nombreuse et l'enseignement plus efficace; pour empêcher le scandale, on imposait silence au patient, de crainte qu'il ne pût exciter dans le peuple des sentiments de pitié ou de sympathie (4).

Les détails secondaires nous sont connus par la relation d'un témoin oculaire qui assista à l'exécution de Jean Huss à Constance (4415). L'infortuné fut contraint de se placer debout sur un couple de fagots et solidement attaché avec des cordes à un gros poteau; les cordes le serraient aux chevilles, sous les genoux, au-dessous des genoux, à l'aîne, à la taille et sous les bras. On passa aussi une chaîne autour de son cou. Puis on s'aperçut qu'il était tourné vers l'est, ce qui n'était pas convenable pour un hérétique, et on le retourna face à l'ouest. Des

(1) Eymeric. Direct. Inguis. p. 512. — Tract, de Paup. de Lued. (Martène. Thés. v. 1792). r v

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