‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 546 sur 551 · PROCÉDURE DES EXHUMATIONS · texte numérisé non relu

PROCÉDURE DES EXHUMATIONS

1237, un contemporain, Guillem Pelisson, raconte comment furent exhumés à Toulouse un grand nombre de nobles et d'autres défunts. Leurs ossements et leurs « cadavres puants » furent traînés par les rues, précédés d'un trompette proclamant « Qui aytal far a, aytal périra » (1) ; enfin ils furent brûlés « en l'honneur de Dieu et de la bienheureuse Marie sa mère et du bienheureux Dominique son serviteur. » Cette procédure fut maintenue pendant toute la durée de l'Inquisition, bien qu'elle fût assez coûteuse. Nous voyons, par les comptes d'Assalit, qu'il en coûta 5 livres, 19 sols et 6 deniers, en 1323, pour déterrer les os de trois hérétiques, acheter un sac où les mettre, une corde pour serrer le sac, deux chevauxpour les traîner à la Grève et le combustible pour la crémation du lendemain (2).

Le bûcher était encore employé par l'Inquisition pour purger 554 un pays des écrits « pestilentiels et hérétiques » qui l'infectaient ; c'est ainsi qu'elle préludait à la censure de la presse, qui devint plus tard une partie importante de ses fonctions. L'habitude de brûler des livres qui déplaisaient remontait à une antiquité respectable. Constantin, comme nous l'avons vu, exigea, sous peine de mort, qu'on livrât a ses agents tous les écrits ariens. En 435, Théodose II et Valentinien III ordonnèrent de brûler tous les livres nestoriens; une autre loi menaçait de mort ceux qui ne livreraient pas les ouvrages des Manichéens. Justinien condamna \&secunda editio, désignation sous laquelle les glossateurs reconnaissent le Talmud. Aux époques de barbarie qui suivirent, cette manière de réprimer les écarts de l'esprit humain fut naturellement peu appliquée ; cependant, en 680, le roi wisigoth Érivig défendit aux Juifs de lire des livres contraires à foi chrétienne, entre autres le Talmud. Dès que l'esprit humain se réveilla, on eut recours à des mesures plus actives. En 1210, lorsque l'Université de Paris était agitée par les erreurs d'Amaury, ordre fut donné de brûler les écrits de son collègue, David de Dinant, en même temps que la Physique et la Métaphysique d'Aristote, rendues responsables del'héré-

(1) «Quiconque en fera autant, périra de môme. »

(2) Guillem. Pelisso, Chron. éd. Molinier, p. 45. — Coll. Doat, XXXIV. 189.

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