‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 547 sur 551 · LIVRES BRULES · texte numérisé non relu

LIVRES BRULES

sie. Nous avons déjà fait allusion à la crémation des traductions romanes des Écritures par Jayme ter d'Aragon, aux canons du concile de Narbonne, en 1229, interdisant aux laïques de posséder une partie quelconque des Écritures, à la crémation du livre de Guillaume de Saint-Amour De periculis. Les livres des Juifs, en particulier le Talmud, à cause de ses allusions blasphématoires au Sauveur et à la Vierge, étaient l'objet d'une haine particulière et l'Église n'épargna aucun effort pour les détruire. Au milieu du xne siècle, Pierre le Vénérable se contenta d'étudier le Talmud et de dénoncer au mépris public quelques-unes des fantaisies étranges qui abondent dans ce curieux amalgame de sublime et de ridicule. Mais sa méthode de pure dialectique ne convenait pas au tempérament impatient du xuie siècle, qui avait entrepris de traiter les mécréants avec plus de rigueur, et la persécution de la littérature juive suivit de près celles des Albigeois et des Vaudois, Elle fut provoquée par un juif converti nommé Nicolas de Rupella qui, vers 1236, appela l'attention de Grégoire IX sur les blasphèmes contenus dans les livres juifs, et, en particulier, dans le Talmud. Au mois de juin 1239, Grégoire écrivit aux rois d'Angleterre, de France, de Navarre, d'Aragon, de Castille, de Portugal, ainsi 555 qu'aux prélats de ces royaumes, ordonnant qu'au sabbat du prochain carême, tandis que les Juifs seraient assemblés dans leurs synagogues, tous leurs livres fussent saisis et livrés ;mx Frères Mendiants. Nous avons conservé une relation de l'examen auquel donna lieu, à Paris, la saisie de ces livres. On y voit combien il était facile de découvrir dans les écrits des Juifs bien des choses offensantes pour les oreilles pieuses, quoique les Rabbins, qui osèrent se présenter pour les défendre, fissent effort pour les expliquer tout autrement et contestassent l'existence de blasphèmes à l'adresse du Messie chrétien, de la Vierge et des Saints. La procédure traîna pendant des années, et la sentence ne fut prononcée que le 13 mai 1248. Aussitôt après, les Parisiens furent édifiés par la crémation publique de quatorze charretées de livres en une fois, suivie de la crémation de six autres. Mais le Talmud n'en continua pas moins à

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