GUERRE AU TALMUD
subsister. En 1255, S. Louis, dans ses instructions aux sénéchaux du Narbonnais, ordonna à nouveau la destruction de tous les exemplaires, ainsi que celle de tous livres contenant des blasphèmes. En 1267, Clément IV (Gui Foucoix) prescrivit à l'archevêque de Tarragone d'obliger le roi d'Aragon et ses seigneurs, sous peine d'excommunication, à faire livrer par les Juifs aux inquisiteurs leurs Talmuds et autres écrits. Ceux qui ne contenaient pas de blasphèmes devaient être restitués après examen, mais les autres seraient mis sous scellés et enfermés en lieu sûr. Alphonse le Sage de Castille se montra plus digne de son surnom si, comme on l'assure, il ordonna de traduire le Talmud, afin que le public pût juger de ses erreurs.
Larésistance passive des Juifs rendit tous ces efforts inutiles. En 1299, Philippe le Bel dénonce la multiplication persistante dits exemplaires du Talmud et prescrit à ses juges d'aider les inquisiteurs à les détruire. Dix ans après, en 1309, il est question de trois charretées de livres juifs qui furent brûlés publiquement à Paris. La vanité de toutes ces mesures résulte clairemert d'une sentence prononcée par Bernard Gui lors de Y auto de fé £56 de 1319. Sous l'impulsion des inquisiteurs, les fonctionnaires royaux s'étaient de nouveau livrés à des recherches minutieuses et avaient réuni tous les exemplaires du Talmud sur lesquels ils avaient pu mettre la main. Des experts en langue hébraïque, commis à cet effet, en examinèrent attentivement le contenu ; puis, après une longue délibération entre inquisiteurs et légistes, on décida que ces livres, empilés dans deux charrettes, seraient promenés à travers les rues de Toulouse : les officiers du roi proclameraient hautement que leur suppression était le châtiment dû à leurs blasphèmes contre le Seigneur Jésus, sa Mère, la très sainte Vierge et le nom chrétien; après quoi, ils seraient solennellement brûlés. Cet exemple de crémation de livres est le seul que Ton rapporte pendant la durée des fonctions de . Bernard Gui et le fait qu'il fallut, en 1319, deux charrettes pour transporter les écrits condamnés, prouve que cette bibliothèque était le fruit de recherches prolongées et systématiques. Du reste, l'inquisiteur attachait beaucoup d'importance à la des-