‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 70 sur 551 · TENTATIVES DE RÉFORME · texte numérisé non relu

TENTATIVES DE RÉFORME

l'habit du moine, dans tous les recoins du monde chrétien, 38 vivant d'aumônes ou de fraudes, vendant de fausses reliques et de faux miracles. L'Église avait été affligée de ce fléau depuis la naissance du monachisme au ive siècle et il continua à peser sur elle. Bien qu'il y eût des hommes de vie sainte et irréprochable parmi ces chemineaux, ils étaient tous devenus un objet d'horreur. Souvent on les surprenait à commettre des crimes et on les massacrait sans pitié. Dans un vain effort pour supprimer ce mal, au début du xine siècle, le synode de Cologne fît défense formelle de donner l'hospitalité à un moine quelconque, dans toute l'étendue de cette grande province (1).

Assurément, il ne manqua jamais de tentatives sérieuses pour rétablir la discipline ébranlée. L'un après l'autre, les différents couvents étaient l'objet de réformes ; mais le relâchement ne tardait pas à reparaître. On se donna beaucoup de mal pour imaginer des règles nouvelles et plus sévères, comme celle des Prémontrés, des Chartreux et des Cisterciens, dont le but était de décourager toutes les vocations incertaines; mais à mesure qu'un ordre nouveau devenait célèbre pour sa sainteté, la libéralité des fidèles le comblait des biens temporels et, avec l'opulence, arrivait la corruption. Parfois aussi, l'humble ermitage fondé par quelques anachorètes, dont la seule pensée était d'assurer leur salut en mortifiant leur chair et en évitant la tentation, entrait en possession des reliques de quelque saint, dont les pouvoirs miraculeux attiraient des foules de pèlerins et de malades en quête de soulagement. Alors les offrandes affluaient, la modeste retraite des ermites se transformait en un magnifique édifice et bientôt les sévères vertus du fondateur n'étaient plus qu'un souvenir, au milieu d'une troupe de moines épris d'une vie facile, indolents pour le bien et act' s seulement pour le mal.

Peu de communautés montrèrent la sagesse des premiers

(i) Augustin. De Op. Monachor. h, 3. — Cissiani, De Cœnob. Instit. n, 3. — Hieron. Ep>st. xxxix; cxxv, 46. — Regul. S. Benedicti, cap. 1. — S. lsidori Hispal. De Eccles. Offic. n, xvi, 3, 7. — Ludov. Pii, De Refornt. Eccles. cap. 100. — Smaragd. Comment, in Régulant Benedict. c. 1. — Ripoll, Bull. Ord. FF. Pr&dic. i, 38 — C'aesar. Heisterb. Dial. Mirac. dist. vi, cap. 20. — Catalog. Varior. haereticor. {Bibl. .Vax. Patrum, éd. 1618, t. xm, p. 309).

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