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CHANGEMENTS DANS LA DOCTRINE

En présence de la faillite, dûment constatée, de tous les efforts partiels pour réformer les Ordres monastiques, nous avons à peine besoin du témoignage formel du vénérable Gilbert, abbé de Gembloux, qui, vers 1190, confesse avec honte que le monachisme est une oppression et un scandale, un sujet de railleries et de reproches pour tous les chrétiens (1).

La religion ainsi exploitée par les prêtres et les moines 40 était nécessairement devenue toute différente de celle que Jésus et saint Paul avaient enseignée. Je ne m'occupe pas ici de l'histoire des* doctrines, mais je dois rappeler brièvement certaines variations des croyances et des pratiques, pour mieux faire saisir les relations entre le clergé et le peuple et pour expliquer la révolte religieuse qui se produisit au xne et au xme siècles.

La doctrine de la justification par les œuvres, à laquelle l'Église devait une si grande part de sa puissance et de sa richesse, avait, en se développant, privé la religion d'une partie de sa vitalité spirituelle, remplaçant ses éléments essentiels par un formalisme aride et insignifiant. Ce n'est pas que les hommes devinssent indifférents à la destinée de leurs âmes. Bien au contraire : à aucune époque, peut-être, les terreurs de l'Enfer, la béatitude du salut, les efforts incessants du démon, etc., n'ont occupé plus de place dans les préoccupations de la vie quotidienne. Mais la religion, à bien des égards, était devenue un féùchisme. Les docteurs enseignaient encore que les œuvres pieuses et charitables, pour être efficaces, devaient être accompagnées d'un retour du cœur vers le bien, de larepentance,d'un désir sincère de chercher le Christ et une vie meilleure; mais, à une époque aussi grossière et de mœurs aussi brutales, il était beaucoup plus aisé pour le pécheur inquiet de recourir aux pratiques si générales autour de lui, de croire que l'absolution pouvait être obtenue par la rép Hition d'un certain nombre de Pater

détail dans l'enceinte sacrée et d'attirer des client-; en admettant, sur le lieu de la vente, des jongleurs, des acteurs, des joueurs et des filles publiques. — Concil. Biterrens. ann. 1233, c. 23.

(i) Gilberti Gemblac. Ep st. v, vi.

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