‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 77 sur 551 · FÉTICHISME · texte numérisé non relu

FÉTICHISME

moins énergîquement les mensonges et les fraudes de ces chemineaux du salut, qui exercèrent leur industrie florissante jusqu'à l'époque de la Réforme. Tassoni a bien exprimé la conviction populaire que cette vente des indulgences était une ressource assurée de l'Eglise pour réaliser ses desseins temporels :

u Le cose de1 la guerra andavan zoppe;

1 Bolognesi ricliiedean danari Al Papa, ad egli ris ponde va coppe,

E mandava indulgenze per gli altari. » (1).

La vente des indulgences caractérise avec exactitude ce qu'on peut appeler le sacerdotalisme, trait distinctif de la religion du moyen âge. Le fidèle n'avait pas de relations directes avec son Créateur, rarement même avec la Vierge et les Saints intercesseurs. Le prêtre, prétendant être revêtu d'un pouvoir surnaturel-, s'interposait comme le médiateur nécessaire entre Dieu et l'homme ; en accordant ou en refusant les sacrements, il pouvait décider du sort des âmes ; en célébrant la messe, il pouvait diminuer ou abréger les peines du Purgatoire; ses décisions dans le confessionnal déterminaient la vraie portée du péché même. Les instruments de domination dont il disposait, — Eucharistie, reliques, eau bénite, saint chrême, exorcisme, prière, — devinrent des espèces de fétiches doués d'un pouvoir particulier, qui ne dépendait ni de la condition morale ou spirituelle de celui qui en usait, ni de la condition de ceux pour qui ils étaient employés. Aux yeux du vulgaire, les rites de la religion n'étaient guère autre chose que des formules magiques qui, par quelque efficacité mystérieuse, servaient les intérêts temporels ou spirituels de ceux pour qui on les mettait en œuvre.

(J) Concil. Lateran. IV, c. 62. — P. de Plichdorf, Contr. Waldenses, cap. xxx.

— Concil. Biterrens. ann. 1246, c. 5. —Concil. Cenomanens. ann. 1248. — Concil. Bnrdegalens. ann. i 255, c. 2. — Concil. V enn. ann. 1311 ((Uementin. lib. vf tit. ix, c. 2). — Concil. Remens. ann. 1303. — Concil. Cariioi?ns. ann. 1325, c. 18.

— Martène, Thesaur. iv, 858. — Martene, A mpUss. Coll. \n, J 97, etc. — Concil. Moguntin. ann. 1261, c. 48. — Tassoni, La Secchia Rapita, xn, 1.

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