XIV HISTORIOGRAPHIE DE L INQUISITION
cliquant énergiquement pour les évêques et les princes le droit de réprimer l'hérésie au nom de la doctrine du Deutéronome, des apôtres et de l'Église catholique, dénonçait avec virulence les abus de la Cour de Rome et condamnait l'Inquisition comme une institution odieuse et inefficace. C'est bien moins une histoire de l'Inquisition qu'une dissertation canonique, ou même, et avant tout, un pamphlet gallican. Ce livre, qui s'étend avec complaisance sur les cruautés du Saint-Office et est illustré de vignettes terrifiantes empruntées à Limborch, est un curieux signe du temps. Sans abandonner les droits de l'Église catholique en matière d'hérésie, l'abbé Marsollier jette résolument l'Inquisition elle-même par dessus bord. Chose curieuse, son ouvrage fut réimprimé et amplifié en 1769 par un autre prêtre, l'abbé Goujet, qui y joignit un Discours sur quelques auteurs qui ont traité du Tribunal de l ' Inquisition , où il passe en revue les écrits d'Eymeric, de.Pena, de Louis de Paramo, de Fra Paolo, etc. Quant au livre de Limborch qu'il examine longuement et dont il reconnaît la haute valeur, il le critique, dans un esprit catholique naturellement, mais, en somme, assez indépendant. L'influence de Limborch est également indéniable dans Y Histoire de Languedoc, l'ouvrage célèbre des bénédictins Dom Yaissete et Dom Dévie. A plus forte raison il a inspiré aussi Voltaire et les encyclopédistes dans leur admirable campagne en faveur de la tolérance religieuse : mais que de déclamations creuses au xvnr3 siècle, dès qu'on se risque sur le terrain -de l'histoire !
Il faut attendre jusqu'au xixe siècle pour rencontrer un autre ouvrage d'une portée égale à celui de Limborch :