‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 97 sur 551 · HENRY DE LAUSANNE · texte numérisé non relu

HENRY DE LAUSANNE

comme si redoutable qu'il lui opposait un traité auquel nous devons le peu que nous en savons. Ce traité est dédié aux évoques d'Embrun, d'Arles, de Die et de Gap, qui sont exhortés à multiplier leurs efforts pour la suppression de ces erreurs, au besoin en faisant appel aux armes du pouvoir séculier.

Pierre fut remplacé par un hérésiarque plus redoutable encore. On connaît mal les débuts d'Henry, moine de Lausanne ; il quitta le couvent de cette ville dans des circonstances qui lui furent plus tard reprochées par saint Bernard, mais qui pouvaient bien n'être que la première ébullition de cet esprit de réforme dont il finit par être victime. Nous le trouvons ensuite au Mans, peut-être dès 1116. Là, ses austérités lui concilièrent la vénération du peuple et il s'en servit pour attaquer le clergé. Les doctrines qu'il professait à cette époque nous sont mal connues, mais nous savons qu'il repoussait l'invocation des saints et que, d'autre part, l'effet de son éloquence était tel que des femmes, enflammées par sa parole, quittaient leurs bijoux et leurs vêtements de luxe, que des jeunes gens épousaient des courtisanes pour les racheter. Enseignant ainsi l'ascétisme et la charité, Henry flagellait avec tant d'âpreté les vices de l'Église que le clergé de tout le diocèse aurait été détruit sans l'active protection des nobles. Le célèbre Hildebert, évêque du Mans, était absent à Rome lorsque Henry avait commencé ses prédications ; à son retour, il réfuta l'hérésie dans une dispute publique et contraignit Henry à partir, mais sans pouvoir le châtier. Il paraît ensuite à Poitiers et à Bordeaux ; 70 puis, nous le perdons de vue jusqu'à ce que nous le retrouvions prisonnier de l'archevêque d'Arles, qui le conduisit devant Innocent II, au concile de Pise, en 1134. Il y fut convaincu d'hérésie et condamné à la prison. Quelque temps après on le libéra et on le renvoya à son couvent, d'où il sortit de nouveau avec l'intention d'entrer dans le sévère Ordre cistercien de Clairvaux. Nous ignorons pour quel motif il reprit sa mission d'hérésiarque, mais nous le rencontrons de rechef, plus hardi encore que par le passé, adoptant en substance les principes des Pétrobrusiens, rejetant l'Eucharistie, refusant tout respect

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