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4 novembre 1849, une première crèche fut ouverte dans le faubourg de Breitenfeld, à Vienne, six nouvelles crèches furent fondées dans le courant de l’année 1890 ; puis une autre le 15 mai 1851, et une neuvième le 17 août 1854. A Milan, deux crèches s’ouvrirent le 15 juin 1850 et le 1° janvier 1852 ; une à Pesth en Hongrie le 4 avril 1851 ; à Kutemberg le 21 avril 1852 ; à Grœtz, le 4 octobre 1852; à Nimbourg le 25 avril 1853 ; à Lemberg le 18 août 1853; à Josephstadt, le 1* janvier 1854 ; à Leitmerit le 16 janvier 1854 ; à Reichemberg, le 4 mars 1854, à Prague le 24 avril 1854 ; à Venise le 18 août 1854. Soit 21 crèches de 1849 à 1855. Il est vrai que dès le 23 décembre 1852, le ministre de l'Intérieur de l'empire d'Autriche, M. Bach, adressa à tous les chefs de département de l'empire une circulaire où, après avoir longuement développé tousles avantages de la crèche, il concluait ainsi : « Votre Excellence m'obligera si elle donne une attention, particulière à cette institution salutaire, et si elle cherche à la répandre de plus en plus, soit par le moyen de la presse, soit par l'intermédiaire du clergé et des ofliciers de la santé publique. »
Allemagne. — A Dresde, une crèche fut ouverte le 2 juin 1841 par les soins du D' Aderman et sous les auspices de la reine de Saxe qui voulut faire elle-même les premiers fonds ; à Hambourg, le 24 mai 1852, ce furent Mr° Charles Merck, femme d’un sénateur et le D' Lewis qui prirent l’initiative ; à Berlin, deux crèches s’ouvrirent, le 1°’ juin 1852 et
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le 37 avril 1853; à Franckfort-sur-Mein, deux crèches aussi le 11 juin et 1e" décembre 1853 ; à Munich, la crèche fut établie en décembre 1854, par les soins du D: Charles Wibmer et de M. Thour, inspecteur des hôpitaux. Le ministre de l'Intérieur, comte de Reigersberg, dans une lettre adressée, à la date du 23 octobre 1854, au gouverneur du cercle de la Haute-Bavière, reconnaît que le comité formé à Munich pour la création des crèches, tant dans la ville que dans la banlieue, par le seul fait de sa réunion avec la société de Saint-Jean, obtient les mêmes droits de corporation publique que le roi, par décret du 17 décembre 1853, a accordés à ladite société. Son Excellence termine en chargeant le gouvernement de la Haute-Bavière « d'exprimer la reconnaissance du ministre d'Etat aux honorables fondateurs d’une institution aussi opportune et aussi utile ».
Angleterre. — Mr Hollond, femme d’un membre du parlement anglais, au retour d'un voyage à Paris, pendant lequel M. Odillon Barrot lui avait fait visiter les crèches, fonda en mars 1850 la première crèche de Londres dans la paroisse de Marylebone. Elle fut activement secondée par Mre Arthur Hobhousse et M. Gardner. Une seconde crèche s’ouvrit peu après dans la paroisse de Kensington et en 1855 Londres en possédait six. Manchester (septembre 1850) et Plymouth (février 1851) furent les premières villes d'Angleterre qui, à cet égard, imitèrent Londres.
Danemark. — Le 17 mai 1859, une crèche était
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inaugurée à Copenhague, et là encore c'était un médecin, le D' Brandes, qui était le promoteur de l'institution.
Russie.— La Société française de Moscou institua une crèche dans cette ville en 1843. Saint-Pétersbourg ne tarda pas à suivre cet exemple.
Espagne. — En 1855, la reine Isabelle créa à Madrid, à l’occasion de la naissance de la princesse des Asturies, une crèche-asile pour les enfants des cigarières employées dans la manufacture Royale des tabacs; peu après des établissements semblables furent ouverts dans la plupart des grandes villes ayant des manufactures et notamment à Barcelone, Valence, Malaga, Séville, Bilbao, Santander, etc.
Portugal. — Le 21 novembre 1852, le D' Antonio Ferreira Montinhio ouvrait la première crèche à
Porto.
Suède. — La première crèche en Suède s’ouvrit à Stockholm en 1856.
Roumanie et Turquie. — À Bukarest en 1851 et
à la même époque à Constantinople, des sœurs de charité fondèrent dés crèches.
Amérique. — L'Ordre du 6 mai 1849, annonçait qu’une crèche venait de s'ouvrir à Mexico.
D’après M.‘Baligot de Beyne (Bulletin des Crèches, 1847. p. 215), les Antilles et plusieurs villes des Etats-Unis, auraient été pourvues de crèches dès 1847 ; cet auteur rapporte même, qu'à Washington, on employait la vapeur comme force motrice pour
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bercer les enfants, et il ajoute fort sérieusement : «nous citons ce fait comme une chose curieuse, mais non comme un modèle à suivre ».
Chine. — Huc, dans son livre, l'Empire Chinois, rapporte que les sœurs de charité auraient implanté des crèches en Chine, vers 1850. ÿ
Ainsi, moins de dix années après l’ouverture de l'humble crèche de Chaillot, l'institution s'était déjà répandue à travers le monde.
LES AUXILIAIRES DU DÉVELOPPEMENT ET DU PERFEC- TIONNEMENT DE L'ŒUVRE DES CRÈCHES. — Le zèle infatigable des fondateurs, la charité admirable des contemporains et tous les encouragements officiels et privés, firent sans doute beaucoup pour le développement de l'institution nouvelle; mais ces moyens n'auraient certainement pas suffi à produire en aussi peu de temps cette magnifique floraison de crèches, si l’œuvre n’avait été dès le début, puissamment organisée. Me de Pastoret en 1801, avait échoué dans sa tentative, malgré sa bonne volonté et sa très grande charité, car elle n'avait fait appel qu'à son seul dévouement et à ses propres ressources. Marbeau, lui, possédait toutes les qualités du cœur, mais il avait aussi un remarquable esprit d'organisation et d'administration. Là fut sans doute le secret de son succès. Dès le début, il comprit qu'il fallait pour réussir faire appel à l'esprit d'association ; les crèches, nous le verrons, furent organisées dans cet esprit, et, dès que plusieurs crèches fonctionnèrent à Paris, Marbeau, aussitôt, institua pour les relier entre elles
mr nues, la Société des Crèches; un bulletin trimestriel fut : publié, qui enregistra et fit connaître les progrès accomplis ; des brochures étaient, en outre, répandues.
Association pour donner à l’œuvre de la cohésion et de la solidité, publicité pour la répandre et la perfectionner, tels furent les puissants moyens d’action que Marbeau sut employer avec un rare bonheur pour mener à bien son entreprise. Mais, examinons en détail comment fonctionnaient ces auxiliaires de la crèche.
La Société des Crèches di département de la Seine. — La Société des Crèches, constituée dès la fin de l’année 1846, fut inaugurée le 25 février 1847 en une séance solennelle tenue à l'Hôtel de Ville, sous la présidence de M. Dupin, président de l’Assemblée nationale.
Dans le préambule des premiers statuts, Marbeau expose ainsi les raisons qui ont déterminé la formation de la Société : « Il existe déjà quatorze crèches dans le département de la Seine ; mais les IIFe, IVe, Ve, Viet VIII arrondissements n’en ont pas encore : ici, faute de ressources ; là, faute de confiance dans la charité ; ailleurs, faute d'initiative ; et, partout, on demande un centre de direction qui serve à la fois de pivot et d'appui. » Mais, voulant avant tout laisser à chaque crèche son indépendance et son autonomie, dès le début, il s’appliqua à délimiter exactement le but et à bien spécifier les fonctions de la nouvelle Société ; dans le discours qu’il prononça