‹ Histoire de l'instruction publique & populaire à Troyes pendant les quatre derniers sièclesChapitre 9 sur 16 · ÉCOLE DE DESSIN · texte numérisé non relu

ÉCOLE DE DESSIN

Ji' année .1773 vit encore fonder, àTroyes, un établissexa&at d'instruction qui survécut aux événements de là fin du siècle. Nous v^oulons rappeler la création de l'école gratuite de <^essin qui coi;npte lûentôt cent ans d'existence. Cette fondation est due à des hommes dévoués ^ leur patrie, comme on disait alors, et comme ' on ne dit plus guèi^ aujourd'hui. Elle est due à l'honorable initiative de MM. Milony, architecte, JKondot, orfèvre, Gossard, peintre, Alexandre, graveur, Baudement, peintre, et Herluison-Gornet, sculpteur. Ces ci-^ toyens doivent être considérés comme les fondateurs de cett^ institution qui rendit à Troyes lés plus grands services dans l'industrie comme dans les arts et métiers.

A son origine l'école compta plusieurs bienfaiteurs : M. de Bruneval, receveur des gabelles à Troyes, qui lui laissa une maison et un exemplaire de l'Encyclopédie, et fonda quatre prix annuels; M. Pierre-Philippe Finot, négociant, ancien consul, qui lui légua une somme de 6,000 livres; M. Doussot, procureur près de la juridiction consulaire, qui lui laissa une somme de 2,000 livres. Des dons moins importants furent encore faits à l'école gratuite de dessin, soit par des particuliers, soit même par4es corporations (1).

Dès 1776, on joignit à cette école l'étude des mathématiques* M. Bazin, l'auteur de la belle carte de Champagne, publiée en 1790, en fut le professeur.

Entourée de protecteurs puissants, encouragée de tous les côtés, la création de cette école fut autorisée et reconnue par le Roi en février 1779, sous le nom d'Ecole royale gratuite

(1) Arch. mun. de Troyes. Grosley, Mém. hist. Courtalon, Top, du diocèse de Troyes, t. II.

e$ publique de desein, de nuUhimatiquu^ Surckitaduretida arte. Elle fut placée sous Tinspeclion et la directioD des officiers municipaux composant le bureau ordinaire de Thôtelde-ville, qui furent autorisés à accepter tous dons et legs faits en sa faveur. Les personnes, ayant professé pendant vingt<-cinq ans, jouissaient de Texemption du logement des gens de guerre et du privilège de dispenser un de leurs enfants du service militaire. Un brevet de maîtrise devait être délivré à celui qui, ayant suivi les cours pendant trois années, remportait le prix au concours général. Les professeurs-fondateurs jouirent aussi de privilèges spéciaux, ils prenaient le titre de professeurs-honoraires et ne pouvaient être révoqués de leurs fonctions.

Enfin, M. Alexandre, graveur et Tun des fondateurs, s'engagea, le 20 juillet 1780, à payer la somme de 2,400 livres pour pensionner pendant trois ans, chez un des peintres du roi, à Paris, l'élève qui aurait obtenu le premier prix de dessin, d'après la bosse, et à prendre pour élève dans la gravure celui qui aurait emporté le premier accessit de ce concours.

Troyes n*eut donc rien à envier à Paris pour renseignement du dessin et de T architecture, car Técole de dessin de Paris n'est antérieure à celle de Troyes que dé six années.

En 1785, la distribution des prix eut un attrait qu'aucune n'avait eu jusque-là. Cette distribution fut accompagnée d'une exposition des beaux-arts qui dura huit jours. Le catalogue de cette exposition fut imprimé.

S vn.

£cofe de Chirurgie. — Ec(^ ^Accouchement.

En 1773, le Collège des Maîtres Chirurgiens ouvrit un cours de chirui^e pour les jeunes gens qui se destmaient à la pratique de cet art. Les leçons étaient données dans une maison que le Collège ou Corporation des Chirurgiens avait fait construire à ses frais, rue du Beau-Boucher ou du Coigneau-aux- Bœufs, faisant suite autrefois à la rue du Sauvage, et aujourd'hui confondue avec celle-ci sous le nom de Saint- Yincent-de-Paul (1).

C*est en cette même année que s'établit une école d'accouchement qui, suivant le témoignage de l'Intendant de Champagne, aurait rendu de grands services et donné de bons résultats. Cette école paraît avoir cessé d'exister vers 1782. Les cours se faisaient aux mois de juillet et d'août de chaque année.

L'école de chirurgie fut ouverte en juin 1773, sous la protection directe des officiers municipaux. On y professait la physiologie, la pathologie, la thérapeutique, l'ostéologie sèche .et l'anatomie ; puis on y pratiquait des opérations chirurgicales.

Les leçons étaient publiques les mardi et les jeudi de chaque semaine.

C'est à la même époque que le Collège des Chirurgiens € pour arracher les pauvres à l'avidité meurtrière des charlatans » aurait institué des consultations gratuites tous les samedis, de deux heures à quatre heures, pour les pauvres

(1) La maison existe encore; c'est celle qui fait le coin de la rue arec le quai de la Tannerie^ du côté de Croneeb.

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de la ville et de la campagne. Ils distribuaient, en outre, gratuitement des médicaments aux personnes nécessiteuses.

Les cours de chirui^ie se pontinuèrent dans la maison des ' chirurgiens, rue du Beau-Boucher, jusqu'en 1784. Dans le cours de cette année, à la sollicitation du Corps municipal, les leçons furent d^nn^es^à rflôtel-de-Ville.

Ces cours étaient entièrement gratuits et paraissent s être continués jusqu'en 1789.

Autres établissements d'instruction. — Bienfaiteurs.

Bibliothèque publique:

On Je voit, le mouvement est donné et toutes les pensées s^ portent vers l'instruction. L'administration municipale, pl^ne de zèle et répondant à ce mouvement avec le plus nohl^ e.mpressement, achète une maison pour y placer l'école de d^s^i, et, en 1754, elle fait transporter dans cette maison le siège de l'école de chirurgie. Elle y installe une chambre lit* téraire. Elle y fait disposer une salle pour y donner des leçons d'airn^s. Enfin, elle subventionne pendant plusieurs anja^es un jeune homme de la ville suivant les cours de l'école j^ét^rinaire de Pari3,récemment foudée ainsi que celle de Lyon.

L'un des quartiers de la ville extrà-muros était fort mal partagé sous le rapport des commui)ications avec la v^le. Nous voulons parler de la Vacherie. Un vénéral>ie eccl43ias-^ tiqup,M. Fardeau, ancien cur^ de Saint- Aventin, donna, en 17^8(3, un, terrain pour construire une école et un logement pour te. maitiie. Cette école s'ouvrit en 4788.

xPMÂsque Ja vîl][e comptait des bienfaiteurs des établisse- D?.ÇMs dlnstruçtj^^^^ à jiD^ ipoque où les bons sentiments prenaient leurs gources dans leur propre initiative, à la VéiUé de la rèvolpti^n, ,à,çe^ (^^^xf^^^,^thj^i^^v^r

tique qui précéda l'époque de la violence et des excès, la ville de Troyes put de nouveau ajouter de nouveaux noms à ceux qui lui avaient déjà fait du bien.

Aux bienfaiteurs que nous avons nommés il faut en ajouter d'autres : M. Manceau , le chanoine Bouczo, qui en même temps qu'il aide de sa bourse les écoles chrétiennes, constitue une rente en faveur de l'école de dessin ; c'est M. Renard de Petiton , directeur de la Monnaie , qui donne 250 liv. de rente aux petites écoles ; c'est le P. Nicolas Monnet, Oratorien, professeur de philosophie au Collège de Troyes, qui lègue à ce Collège tous ses livres de littérature, et que l'on met au rang des autres généreux bienfaiteurs , les Lecointre, les Moireau, les Lombart, les de la Fontenelle et de Corberon, dont les dons ont augmenté cette bibliothèque oratorienne aujourd'hui municipale.

La bibliothèque des Cordeliers, que son ancien propriétaire, Jacques Hennequin, avait entourée de tant de soUicicitude par les conditions qu'il avait imposées à son bienfait, avait été considérablement négligée dans sa conservation. En*1764, sous la mairie de M. Camusat, on veut se rendre compte de son état, et certes, la visite qui eut lieu fit peu d'honneur aux Cordeliers, chargés de sa conservation. Mais le premier pas est fait : l'attention est éveillée, et le Bureau de ville parvient, quelques années après, à faire rouvrir cette bibliothèque au public troyen, qui en avait non seulement oublié le chemin, mais qui depuis bien longues années avait perdu le souvenir de son existence et des conditions imposées par le donateur.

 partir de ce moment la bibliothèque des Cordeliers fut ouverte au public, et, sauf les mauvais jours qui accompagnèrent et suivirent la Révolution, les habitants purent en jouir selon le vœu du donateur.

Nous ne donnerons pas ici la liste assez longue -» quoique fort incomplète — des livres de pédagogie et d'instruction populaire publiés à Troyes au xviii^ siècle. Chacun de nous les a connus, et n'étaient les livres recommandés par

rUniversité depuis les nouvelles lois sur Tinstruction et les règlements qui en ont été la conséquence, on les verrait encore entre les mains des jeunes enfants. Il n'en est aucun que leur valeur ait placé beaucoup au-dessus des autres.

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