‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 101 sur 202 · LA MORT DU BACIIAGHA · texte numérisé non relu

LA MORT DU BACIIAGHA

( 1 1 avril - 5 mai. )

La colonne Gérez quitte Alger (11 avril). — Départ d’Aumale et combat de Teniet-Daoud (18' avril). — Enlèvement des silos des Ouled-Messelem à Souq-El- Khemis (19 avril). — Arrivée au Djebel- Afroun ; soumission des Ouled-Messellemet des Ouled-Salem. — Pourparlers avec les Ouled-Dàane (20 avril). — Prise et destruction du village de Souma (21 avril). — Soumission des Beni-Ilman@f du cercle de Bordj-bou-Arreridj. — Petit combat de Sidi-ben-Daoud ; destruction d’un bordj de Boumezrag (22 avril). — Rentrée à Aumale (25 avril). — La colonne à Bouïra: ouvertures des Ouled-el-Aziz. — Le bachagha rase les Ouled- Salem (27 avril). — Combat de Tekouka (dit aussi de Dra-Moumen, ou de l’Oued-Bezzit) (28 avril). — Combat chez les Ouled-Sidi-Salem (colonel Trumelet). — Combat de l’Oued-Djemaa (colonel Goursault) (1er mai). — Attaque <le Bordj-Bouïra et destruction du village de Bouchcrine par le bachagha 2 mai). — Destruction du bordj du caïd des Senadja et du village voisin. (3 mai). — Attaque de nuit au camp de l’Oued-Soufflat (4 mai). — Combat de rOucd-Soufflat; mort du bachagha Moqrani (5 mai).

Le 11 avril, le général Gérez partait d’Alger avec les éléments d’une colonne* 1 expéditionnaire qu’il devait compléter au moyen des

1. La colonne Gérez, qui, officiellement, avait été dénommée « colonne expéditionnaire de l'Oued-Sahel », avait un effectif maximum de 3,331 hommes et 150 officiers. Elle se composait des corps suivants :

26e bataillon de chasseurs à pied, 600 hommes ,

Zouaves (1er, 4e, 4e provisoire), 5 bataillons, 1,180 hommes;

Tirailleurs (1er régiment), 2 compagnies, 200 hommes;

9e chasseurs à cheval, 1 escadron, 350 hommes;

1 l;i' chasseurs d’Afrique, 2 escadrons, 350 hommes ;

Éclaireurs algériens, 3 escadrons, 300 hommes;

Artillerie, 2 sections (4 pièces) ;

Train, ambulance, génie, etc.

L’ordre général, en date du 11 avril, donnait au général Gérez le commandement de la lre brigade active; au général Saussier, celui delà deuxième; au général Lapasset, celui de la troisième.

troupes déjà envoyées à Aumale. Le 12, il arrivait à Tablat, trouvait toute la région tranquille et recevait la visite des chefs indigènes du voisinage venus pour protester de leur dévouement et des bonnes dispositions de leurs administrés.

Il apprit, cependant, que la veille 40 cavaliers envoyés par Boumezrag avaient incendié des gourbis à Bouïra, et que l’agha Bouzid avait, à nouveau, été contraint de se réfugier dans le bordj.

Le 15, le général arrivait à Aumale, et, après s’être fait mettre au courant de la situation locale, il entrait en opération le 18.

Les rebelles, toujours campés au Djebel-Moghrenine r, leur quartier général, étaient en ce moment commandés par Sghir-ben-Bourenane-el-Moqrani et par Hamou-ben-Bourenane-el-Moqrani, suppléant Boumezrag, alors du côté de Sétif. Ce fut sur ce point du Djebel-Moghrenine que se porta le général Gérez.

Arrivé au pied de la montagne, il vit le col dit Teniet-Daoud occupé par plus de 2,000 fantassins. Le convoi et les bagages sont aussitôt massés sous la garde de deux bataillons. Les troupes mettent sac à terre, et, à midi et demi, l’attaque commence. En deux heures et demie, la position est enlevée après un combat opiniâtre. Les rebelles en fuite vont se heurter contre les éclaireurs quiy sous les ordres du colonel Goursaud, ont tourné la position; une nouvelle lutte s’engage et le goum du capitaine Cartairade change la défaite en déroute.

La bannière des Moqrani-Ouled-Bourenane est prise par un éclaireur qui tue le porte-fanion ; plus de 400 fusils ou sabres sont enlevés aux morts ou aux blessés et rapportés en trophée par les éclaireurs.

A cinq heures, le général établit son camp sur le Teniet-Daoud. Nous avions 3 tués : 2 éclaireurs et 1 goumier, et 19 blessés, dont 10 indigènes.

Le 19, la colonne continuant sa marche dans la direction prise par les rebelles en fuite vient, sans rencontrer l’ennemi, camper à Souqel-Ivhemis. Là, apprenant que les contingents encore disséminés doivent se reformer au Djebel-Afroun, le général laisse reposer ses troupes fatiguées et se borne à faire vider de nombreux silos avec le contenu desquels on remplit d’orge tous les sacs ou caisses disponibles. On incendie en même temps les gourbis déserts des Ouled- Messellem réfugiés au Djebel-Afroun.

1. Ces contingents appartenaient principalement aux tribus suivantes : Beni- Slimane, Beni-Intacène, Ouled-Messellem, Ouled-Salem, Ouled-Si-Aïssa, Ouled-Si- Hadjerès, Quled-Abdallah, Ahl-el-Qsar et Ouennougha-Cheraga (ou de Bordjbou-Arreridj).

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