‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 103 sur 202 · LA MORT DU B A C 11 A G 11 A · texte numérisé non relu

LA MORT DU B A C 11 A G 11 A

plus de 3,000, étaient retranchés sur la crête dite Dra-.Moumène, crête qui domine au itord le plateau de Tekouka.

A midi et demi, laissant ses bagages au camp, il part avec ses obusiers, 1.200 fantassins sans sacs- et G00 cavaliers. Bientôt il a devant lui les crêtes dites dé Tafa-Imouchène qui, sur plus de 3 kilomètres, sont couronnées de retranchements en pierres sèches, et dont les cols et passages ont deux ou trois étages de murs crénelés. L artillerie ouvre le feu, et trois colonnes, sous les ordres du colonel Meric, s'avancent, précédées chacune d’une ligne de tirailleurs; la cavalerie régulière à droite, sous les ordres du colonel Goursaud, les goums à gauche, sous les ordres du capitaine Cartairade, partent au trot pour tourner les crêtes aux deux extrémités.

Après trente-cinq minutes d'un combat très vif, les positions sont enlevées; la cavalerie et les goums poursuivent les fuyards dans l'Qued-Bezzit et jusque vers les crêtes du Djebel-Nadôr ; ils enlèvent des armes, des effets, des troupeaux, et incendient les villages des Beni-Fouda, Ouled-Yahia, Sekara et Ahl-el-Oued.

A huit heures du soir, l’expédition rentrait au camp avec ses prises. Elle avait eu 11 blessés, dont un officier, M. le sous-lieutenant de Yialar1, et 4 indigènes. Les pertes de l’ennemi étaient considérables : près de 300 morts avaient été comptés en arrière des lignes.

Le bachagha n'assistait pas à cette affaire : se battre derrière des pierres n'était ni. dans son tempérament ni dans les aptitudes des djouad de son entourage; il avait, du reste, seulement promis à ses alliés d’aller dans la Medjana chercher de gros contingents de cavalerie pour harceler les derrières de la colonne pendant qu'elle lutterait contre les Qbaïls.

En exécution de cette promesse, il avait la veille, 27 avril, quitté le camp, et, en route, il avait fait une razzia sur les Ouled-Salem pour les punir d'avoir fait leur soumission aux Français; le soir il avait couché à rOued-Chaïr 2 ; le 28, jour du combat de Tekouka, il était à. Sidi-ben-Daoud, où il essayait de ranimer la résistance dans l’Ouennougha; le 29, il arrivait à la Medjana.

Ce jour-là, Boumezrag et les siens étaient réunis à El-Ma-Ouaklane,

1. Alors sous-lieutenant de spahis aux éclaireurs. A été ensuite de 1881 à 1890 attaché militaire du gouverneur général M. Tirman. Est aujourd'hui major au 1 * " '* régiment de spahis.

2. Entre l'Oued-Okhis et Sidi-ben-Daoud. Ce nom d’Oued-Chaïr, rivière de l'orge, est commun à beaucoup de cours d’eau en Algérie.

dans le Sahel-Guebli, et le lendemain leurs alliés Qbaïls étaient battus au Djebel-Tafat par le général Saussier1.

Le bachagha rappela à lui ses cavaliers, qui, d'ailleurs, n’avaient pas été engagés en cette affaire; il traversa les Bibane, s’arrêta à Boudjellil, entraîna les Beni-Mellikeuch, les Beni-Yala, etc., et marcha avec eux vers Bouïra.

De son côté, le général Gérez, après avoir laissé ses troupes se reposer le 29 à Tekouka, vint camper, le 30, à Bled-beni-Haroun, entre les Ouled-Aziz et les Harchaoua, afin d’essayer d’entrer en relation avec le commandant Moutz, bloqué dans Dra-el-Mizane. 11 y réussit, et, rassuré sur les conditions de sécurité et d’approvisionnement dans lesquelles était le fort, il reprit ses opérations avec méthode et de façon à ne laisser derrière lui que des populations soumises ou tout au moins hors d’état de nous inquiéter ou de propager l'insurrection vers l’ouest.

Dans ce but, le 1er mai, il lançait de son camp deux reconnaissances offensives, composées chacune de 500 fantassins, 250 cavaliers, une pièce d’artillerie et 100 goumiers des Ouled-Bellil et autres tribus fidèles.

Le premier détachement, sous les ordres du colonel Trumelet, traversa rOued-Soufïlat, dans le pays des Senhadja, et rentra par Sicli- Bahmoun, après avoir battu, sur les crêtes dominant la rive gauche, chez les Ouled-Sidi-Salem, un rassemblement de 800 rebelles des Senhadja, Ouled-Sidi-Salem, Beni-Maned , Harchaoua et Aït-Khalfoun: il leur tua environ 66 hommes. Le second détachement, sous les ordres du colonel Goursaud, parcourut la rive droite de l’Oued- Djemaa et rentra aussi par Sidi-Rahmoun. En chemin , il eut un engagement très vif avec près de 2,000 hommes descendus des crêtes du Slamat, du haut desquelles ils observaient à la fois la colonne et Dra-el-Mizane. Dans cette affaire, un peloton de zouaves cerné et réduit à se défendre à la baïonnette fut dégagé et sauvé par les éclaireurs du capitaine Rapp et par les goumiers du caïd des Mah i a 2 , Mohammed-ben-Brahim. De ce côté, les rebelles appartenaient aux Harchaoua, Nezlioua, Guechtoula, Aït-Khalfoun, Beni-

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