Voir livre II, chapitre il : Sétif, page
2. Mahia, fraction principale du douar-commune de Sidi-Zouika, nom officiel de ce caïdat, composé de gens des Arib. (Les Arib ont été divisés en cinq douarscommunes : Sidi-Zouïka, Coudiat-Hamera , Aïu-Tizirit, Sidi-Khelifa et Aïn-Bessem, dans lequel est aujourd’hui le village chef-lieu de commune.)
LA JIOKT DU B A C H A G 1 1 A
Meddour, Maatka, Beni-Ouacif, etc. Ils perdirent plus de 100 hommes, sans compter les blessés.
Ces deux reconnaissances avaient, en résumé, refoulé l’ennemi sur une longueur de 20 kilomètres environ, et, sur cette étendue, tout ce que les rebelles n'avaient pas eu le temps d'emporter avait été pris, détruit ou brûlé. Nos goums étaient chargés de butin, et nous n’avions eu, dans les deux affaires, qu'un seul homme tué, un goumier, et seulement six blessés, dont un officier et trois indigènes.
La supériorité de notre armement, l’emploi judicieux de l’artillerie, l’entrain des soldats, le dévouement de nos auxiliaires, et enfin l'expérience des officiers rompus à la guerre d’Afrique, comme Cérez, Trumelet, Goursaud, Rapp, Cartairade, etc., compensaient bien au delà l’infériorité numérique des troupes engagées.
Ces combats du 28 avril et du 1er mai, malgré les pertes infligées aux rebelles, n’amenèrent cependant pas de résultats politiques immédiats. 11 y eut bien quelques ouvertures de soumission, mais elles restèrent sans suite.
C’est qu’en ce moment les Qbaïls comptaient sur l’arrivée de Moqrani, que l’on savait en route avec des contingents dont la rumeur publique exagérait volontiers le nombre et la valeur.
Le 2 mai, en effet, le bachagha était à Bouïra avec 330 cavaliers et près de 4,000 fantassins de l’annexe de Beni-Mansour et des cercles de Bou-Arreridj et de Sétif. Il attaquait aussitôt le bordj occupé par l’agha Bouzid; mais, ne pouvant rien contre ces solides murailles garnies de défenseurs vigoureux, il se rabattit sur le village de Boucherine. Il rencontra de ce côté une résistance tout aussi énergique: plusieurs de nos auxiliaires des Üuled-Bellil y furent tués, ainsi que 6 individus des Beni-Meddour et Merkhala1 faisant partie des groupes fidèles restés auprès de l’agha.
Le bachagha ne s’attarda pas sur ce point; le village brûlé, il partit pour éviter la poursuite des caïds Mohammed-ben-Mansour et Mohammed-ben-Brahim, qui, à la tête des contingents fidèles des Ouled-Bellil et des Arib, se portaient au secours de l’agha Bouzid.
1. Le caïdat des Ouled-Bellil, directement administré par l’agha Mohammed- Bouzid, comprenait alors trois tribus : les Ouled-Bellil, qui restèrent fidèles, sauf un seul indigène (Mohammed-ben- Abdelqader-el-Kselani ) ; les Merkhala et les Beni-Meddour, en partie insurgés. Dans ces deux dernières tribus, 109 chefs de iamilles se rallièrent franchement à l’agha; plusieurs furent tués ou blessés dans nos rangs. Un arrêté du 26 août 1874 a exempté ces 109 familles des peines collectives infligées aux rebelles.
Le 3 mai, le général Cérez, ne voyant pas aboutir les offres de soumissions que quelques fractions des Senahdja avaient faites pour gagner du temps, se porte sur l'Oued-Soufflat et détruit, sans résistance mais non sans coups de fusil, le bordj du caïd Ahmed-ben-Àli et le village attenant: les silos sont vidés et assurent la nourriture des chevaux et bêtes de somme de la colonne.
Seuls les Ouled-Sidi-Salem avaient tenu leurs promesses et s’étaient soumis: les Senahdja s’étaient bornés à écrire à l’agha Bouzid que le lendemain ils amèneraient leurs otages au camp.
La journée du 4* s’était écoulée sans qu'ils se fussent montrés, quand tout à coup, au coucher du soleil, les crêtes se garnissent de nombreux contingents qui font un feu nourri sur notre camp, resserré dans un bas-fond; mais le tir des grand’gardes et celui de l'artillerie tiennent les assaillants à distance ; à dix heures la fusillade cesse, et le reste de la huit est tranquille.
Le o, à cinq heures du matin, le général Cérez était à peine en marche pour se porter vers Dra-bel-Kheroub que la gauche de sa colonne était attaquée. Bientôt il aperçoit, à trois ou quatre kilomètres, sur les hauteurs, un goum d’environ 300 cavaliers immobiles autour d’une bannière déployée: c’est le bachaghà Moqrani qui surveille et dirige les contingents rebelles, forts, ce jour-là, de près de 8,000 hommes. Le général lance dans cette direction un peloton de cavalerie pour essayer d’amener le bachagha à s’engager; mais celui-ci ne les attend pas, il disparaît avec son goum et sa bannière.
Cependant la longue file du convoi n’avance que lentement dans ces terrains difficiles; son escorte, commandée par le colonel Trume- I et , est obligée d’aller de mamelon en mamelon déloger l’ennemi de ses positions. De petits détachements sont, à chaque instant, lancés dans des directions différentes, soit pour dégager les flancs de la colonne, soit pour incendier de3 gourbis et des mechtas, qui, situés à proximité de la route, peuvent servir d’embuscades ou d’abris à l'ennemi. Dans cette marche pénible, le tir précis et méthodique de l'artillerie, qui fouille chaque ravin de ses obus, rend de très grands services.
Vers une heure de L après-midi, sans qu’on ait cessé un seul instant de se battre, le général arrive au Dra-bel-Kheroub; à ce moment, le feu se ralentit partout, car c’est le moment de la prière du dohor.
Sur la rive droite de l'Oued-Soufflat deux compagnies du 26e bataillon de chasseurs sont restées un peu en arrière pour brûler un village; sur la rive gauche, de nombreux rebelles, embusqués dans un