‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 111 sur 202 · L E S E C II E CS II E J, A C 0 A L I T I 0 N · texte numérisé non relu

L E S E C II E CS II E J, A C 0 A L I T I 0 N

l’affaire fut menée avec beaucoup d’entrain par le 21° chasseurs à pied et par le 4e zouaves. L’enlèvement du piton et ensuite la poursuite dans le ravin de l’Oued-Oubey furent remarquablement bien conduits.

Dans ces deux combats, où nos pertes ne furent que de 5 soldats tués1 et K blessés, l’ennemi laissa plus de 200 cadavres sur le terrain.

Presque tous les’Mahieddine avaient assisté à ces deux combats, que dirigeaient trois des fils d’El-hadj-Aomar : l’un de ceux-ci, Ismaïl, fut tué raide, ainsi qu’un lils du caïd Lounis, Rabia-el-Kahla, plus connu à Dellis sous le nom de Rabia le noir.

Le 17, la colonne campa à Bab-èn-Zaoua, et, le 18, elle reprit sa marche vers Dellis par la route qui suit la crête, eutre l’Oued-Oubey et l’Oued-Brika.

A peu de distance du camp, près de 5,000 Qhaïls nous attendaient habilement retranchés derrière une série de rochers au delà d’Aïn-el- Arba des Aït-Sligguem2.

L’artillerie, que couvre une ligne de tirailleurs, attaque la position de front, mais sans avancer; mettant à profit la fumée qui masque nos mouvements, le colonel Faussemagne, avec le bataillon du Ie zouaves, tourne la position parla gauche, tandis que deux compagnies du 80e, les chasseurs d’Afrique et les spahis la tournent par la droite.

Surpris par ces deux attaques latérales, les Qbaïls s’enfuient à toutes jambes, poursuivis sur la crête pendant plus de trois kilomètres par nos troupes, qui leur infligent de grandes pertes et enlèvent successivement six de leurs villages.

Pendant l’attaque des lignes, un gros de rebelles était venu, vers l’extrême gauche, pour porter secours aux défenseurs embusqués, mais trois compagnies avaient été envoyées à temps pour les empêcher de gêner la marche du colonel Faussemagne.

Nos pertes étaient de deux hommes tués et de quatre blessés : celles de l’ennemi étaient marquées sur les rochers et sur le sol par de larges taches de sang et par de nombreux cadavres. On ne s’arrêta pas à les compter.

Le soir, la colonne Lallemand arrivait sous les murs de Dellis, désormais débloqué.

1. Le télégramme publié dans le Mobaeher disait 3 tués; mais le rapport officiel dit : « 5 tués et 8 blessés, dont 5 seulement entrés à l'ambulance ».

2. La prononciation locale est. Aït-Sligguem Voir Hanotbau et Letourneur), mais on écrit souvent Aït-Slyem.

DU SÉBAOU A LA JIER

Le 19, on se reposa, et les Flissa-Bouaffa amenèrent en ville la famille du maire de Bordj-Menaïel, sauvée par eux.

Le 20 mai, le général reprit sa marche à travers la montagne ; il campa le premier jour à l'Oued-Oubey, à 4 kilomètres seulement de la ville; le 21, il était à Aïn-el-Arba, et le 22, ayant traversé les Aït- Sligguem, qui avaient fait leur soumission, il arrivait chez les Aït- Ouaguenoun1, à Tifilkouté.

Là, une fois le camp établi et les hommes restaurés, des reconnaissances sans sac sont envoyées vers les villages, au nord et au sud de la crête. La principale est dirigée contre Semghoun, des Aït-Saïd, première résidence en Kabylie des ancêtres d’Oukaci. Ce village est mal défendu, et, après une courte fusillade, on vide les amphores de grains, on charge une quarantaine de mulets et on incendie les maisons. Les engagements furent un peu plus vifs autour des villages du versant nord, mais nulle part la résistance ne fut bien sérieuse. Nos spahis rentrèrent au camp à la nuit; ils ramenaient 200 bêtes à cornes, 400 moutons et 300 chèvres; de quoi approvisionner la colonne de viande fraîche.

Le 23, on se dirigeait vers le marché du mardi, le Tleta des Ifïlissène-el-Bahr2. — Devant la colonne, sur la crête étroite que suit le chemin, on aperçoit de nombreux groupes armés, à demi cachés derrière des retranchements en pierres sèches.

Mais, à mesure que nous avançons, ils se retirent sans engager le combat, et ils vont se grouper sur le marché du Tleta, qui a été clos d'un mur crénelé, renforcé au moyen de bastions ou de tourelles.

Après avoir dépassé le Souq-Etnine, autre marché abandonné, on s'arrête; le convoi se masse, les hommes font le café, déposent leurs sacs, et un fort détachement marche sur le Tleta. Comme toujours, l'artillerie ouvre le feu, rend la position intenable; les zouaves font le reste. Pendant ce temps, l'arrière-garde repousse une attaque tentée sur notre convoi. Partout l'ennemi est refoulé, pourchassé, et trois de ses villages sont incendiés.

1. En 1811, la confédération des Aït-Ouaquennoun comptait 11,593 habitants. 6,522 appartenaient au cercle de Dellis et se répartissaient en sept tribus : Attouch, 18 toufik, 2,134 habitants ; — Aït-Hamza, 1 toulik, 531 habitants; — Aït-Saïd, 11 toulik, 1,243 habitants; — Iaskecène, 4 toulik, 515 habitants; — Aït Messellem, 8 toufik, 1,115 habitants; — Istitène, 4 toulik, 550 habitants; — Cheurfa, 1 toufik, 414 habitants. — Les 5,011 autres membres des Aït-Ouaquennoun appartenaient au cercle de Tizi-Ouzou et se répartissaient en deux tribus : Aafir’, 2 toufik 3 hameaux, 1,751 habitants; — Aït-Aïssa-ou-Mimoun, 6 toulik, 21 hameaux, 3,321) habitants. (Voir Hanoteau et Letourneur, loc. cit.)

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