Le khalifat avait eu six fils
1° Abdallah, tué en 1838, dans une rencontre avec les Ameur.
2° Ali-Bouzid, qui s’ôtait toujours tenu à l’écart, était peu intelligent et ne fut nommé caïd des Beni-Abbès qu’en 1861 ; a été tué.
3° Mohammed, le bachagha.
4° Lakhdar, le plus franc et le plus sympathique de tous, mort en 1861, caïd des Beni-Abbès.
6° Boumezrag, caïd de l’Ouennougha (de 1861 à 1871).
6° Ben-Abdallah, caïd des Megueddem (de 1864 à 1871).
L' Insurrection de 1871.
débuts, du zèle et de la bonne volonté, disant parfois, avec un peu d’amertume, qu’il cherchait à se créer des titres personnels à notre bienveillance, pour avoir un jour la situation de son père.
Aussi, tant que « son ami Dargcnt», successivement promu chef de bataillon et lieutenant-colonel, resta commandant supérieur du cercle de Bordj-bou- Arrcridj, les choses marchèrent très bien. Le bachagha se sentait apprécié et soutenu ; on avait confiance en lui, et il s’efforçait de justifier cette confiance.
Le 15 novembre 1854, son frère Lakhdar atteignait Boubeghla , le traquait et le tuait, aux Beni-Mellikeuch. En 1835, le bachagha se rendait à La Mecque, en Turquie et en France ; il rentrait, enchanté des réceptions qui lui avaient été faites partout, et très impressionné par la grande situation qu’occupait la France dans le monde.
A son retour, tout alla bien encore, pendant deux ans, avec le lieutenantcolonel Marinier1 2 3, commandant supérieur; mais, vers le milieu de 1857, le bon vouloir du bachagha fut mis à l’épreuve par une série de mesures qui, pour nous, étaient autant d’étapes dans la voie du progrès, mais qui froissaient son orgueil et sa susceptibilité.
Les Beni-Mellikeuch venaient de faire leur soumission : ; pour les surveiller, et aussi pour empêcher les exactions des serviteurs des Moqrani sur les Beni- Abbès, hostiles au soft' des Ouled-el-Hadj, on avait installé un officier au bordj de Tazemalt, jadis construit par le caïd Lakhdar-el-Moqrani. Le bachagha y vit un acte de méfiance et de contrôle vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis de celui de ses frères qui était, sans contredit, le plus dévoué à la France.
Le 6 février 1858, on obligea le bachagha à verser au Trésor les amendes infligées par les chefs indigènes sous ses ordres, amendes que, jusqu’alors, par faveur spéciale, les Moqrani avaient encaissées à leur profits.
En môme temps, on établissait, au profit du Trésor français, dans le cercle de Bordj, l’impôt zekkat, qui se payait dans toute l’Algérie, et qui n'avait pas été encore réclamé aux gens relevant du khalifat ou de son fils. En réalité, les indigènes payaient cette zekkat sous forme d'offrandes et de redevances en bestiaux, — suivant les règles anciennes imposées par les Moqrani, — mais c'était uniquement au profit de ceux-ci.
Le G avril 1838, l’ordre arrivait de faire payer les impôts achour et zekkat à la tribu makhzène desllachcm, qui avait toujours été franche de redevances et de corvées, et les Moqrani eux-mêmes devaient être soumis comme les autres à la règle générale. On établit donc les rôles d’impôt; mais, profitant du prétexte de soi-disant mauvaises récoltes, on accorda des dégrèvements aux Moqrani et auxHachem, en 1837, 1838 et 1839.
En 1858 aussi, on substitua, chez les Madid, les Dreatetles Mzita, à l’impôt
1. En avril 1855, le lieutenant-colonel Dargcnt, promu colonel, était nommé au commandement de la subdivision d’Aumale, et remplacé à Bordj -bou-Arreridj par le lieutenant-colonel Marinier.