‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 139 sur 202 · LA REDDITION DE C IIIK 1I-EL-H A D D A D · texte numérisé non relu

LA REDDITION DE C IIIK 1I-EL-H A D D A D

dans laquelle nous n'avions eu aucun homme blessé, alors que l’ennemi avait abandonné sur le terrain quatre de ses morts.

Le même jour, 18, la petite colonne Marié arrivait de l’Oued-Deheb, où sa présence avait suffi pour écarter les rebelles, et était venu prendre position au Mesloug, afin de couvrir le sud de Sétif menacé p ar Mo h a m m e d-b e n- A d d a .

Le 19, le général Saussier portait son camp à Dra-el-Caïd, bonne position défensive, dominant le pays, et excellent point stratégique mitre le Sahel-Guebli, les Beni-Slimane et les Amoucha.

Ce ne fut pas sans peine qu'on y arriva : la route ne fut qu’un longcombat. Le bataillon d'avant-garde allait de position en position, refoulant devant lui des masses exaltées et furieuses, pendant que, de son côté, l’arrière-garde rejetait d’autres masses vers le Djebel-Kalaoun. Bien conduite, cette marche ne nous coûta pas un seul homme, et du haut des crêtes l'on voyait de tous cotés l’ennemi emporter ses morts sur des civières.

Le lendemain 20 juin, à deux heures de l’après-midi, six bataillons, quatre pièces d’artillerie et toute la cavalerie s’avancèrent jusqu'à cinq ou six kilomètres vers l'est. Les Ouled-Saada avaient abandonné leur principal village, qui fut incendié, ainsi que les maisons et gourbis disséminés dans la montagne. Les groupes ennemis qui furent rencontrés se replièrent vers l'Oued -Berd et vers les Beni-Meraï sans essayer d'engager un combat que la disposition des lieux leur rendait difficile à soutenir. Il n'y eut que quelques légères escarmouches, et de notre côté il n'y eut pas de blessés.

Le 21, dès six heures du matin, presque toutes les troupes sortaient du camp. Une petite colonne, dont les divers groupes très espacés et déployés en tirailleurs occupaient beaucoup de terrain, manœuvrait comme pour une attaque générale des villages des Djermouna.

Pendant que l'ennemi se portait de ce côté, concentrant toute son attention sur les mouvements et les sonneries multipliées de ce détachement, le gros des troupes, formé en ordre serré, marche silencieusement vers l'Oued-Berd. Cette rivière est franchie sans difficulté, et, brusquement, nos troupes s’élancent au pas de course sur les villages des Beni-Meraï, de Kerrata, des Ouled-Aziz et des Ouled- Mbarek, qui sont brûlés et détruits, malgré la vive résistance des défenseurs accourus trop tard, et alors que notre première colonne, faisant un à-droite, est déjà venue former la réserve des troupes engagées. L’ennemi ne peut que s'acharner sur le bataillon d’arrière-garde, qui le maintient facilement à distance, pendant que nos hommes rentrent

LES ECHECS DE LA COALITION

au camp chargés de butin et surtout de poules, de moutons et de chèvres, qui vont améliorer l’ordinaire.

Dans ce beau combat des Beni-Meraï si brillamment conduit, nous avions eu 1 homme tué et 6 blessés; les Beni-Meraï avaient été bien autrement éprouvés, et, sans la présence d’Aziz et des moqaddems, ils se seraient rendus à merci ainsi que leurs voisins, qui se sentaient menacés des mêmes désastres.

Aziz, comprenant que, de ce côté, les tribus, fatiguées de leurs échecs, vont lui échapper, va, le 22, chez les Djermouna, et, de là, fait appel aux contingents des Beni-Slimane et de Seddouq pour se jeter, par le Sahel-Guebli, sur les villages au nord de Sétif. 1! sait qu’il n’y a là que de faibles détachements, car en ce moment le colonel Bonvalet est du côté de Qsarettir.

Le général Saussier est informé par ses espions : il peut du reste, avec une longue-vue, suivre la plupart des mouvements des rebelles, et i! prend ses dispositions en conséquence.

Le 23 juin, à quatre heures du matin, Aziz réunit ses contingents aux Djermouna, et, après la prière du Fedjer, il les dispose pour marcher vers l’ouest, défilant à deux ou trois kilomètres de distance de nos grand 'gardes. Le général affecte la plus profonde indifférence : dans notre camp, on sonne le réveil, les tentes restent dressées, on allume les feux, on semble uniquement préoccupé de parfaire l’installation et de s’occuper des détails habituels aux jours de repos.

Mais déjà dans la nuit une colonne légère était partie sans bruit, dissimulant sa marche sur le versant sud et ouest de la ligne des crêtes. Au moment où la colonne d’Aziz arrive vers Tala-Ifacène , notre cavalerie la charge et la culbute ; les tirailleurs débouchent à leur tour et enlèvent avec entrain les villages de Tala-Ouzerar et de Zeraï. En vain les contingents ennemis essayent de se reformer, de nouvelles charges les rejettent jusque sur les escarpements rocheux du Djebel-Takintoucht. Plus de 8,000 rebelles des Beni-Slimane, Beni- Ourtilane , lie ni -Val a , Sahel-Guebli, Beni-Smaïl, etc., avaient pris part à ce combat; ils laissaient 150 morts sur le terrain alors que nous n’avions que 8 blessés.

Dès le début de l'action, -les Djermouna étaient venus attaquer nos grand’gardes, et ils ne cessèrent le feu qu’au retour de la colonne. Celle-ci avait marché ou combattu pendant treize heures de suite.

Ce fut là le dernier grand combat livré par Aziz dans cette région, qu’il quitta le jour même pour rentrer à Seddouq.

Les indigènes étaient découragés, et, sans le voisinage d’Aziz, dont

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