‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 140 sur 202 · LA REDDITION DE C IIIK II- EL-1I A D D A T · texte numérisé non relu

LA REDDITION DE C IIIK II- EL-1I A D D A T

ils redoutaient maintenant le retour parmi eux, ils seraient venus se soumettre : il y avait alors dans leur cœur bien plus de haine contre « les fils du forgeron » que contre les Français.

Cependant, le général Saussier, ne voyant venir aucune soumission dans les journées du 24 et du 25, lance ses troupes, le 26 au matin, sur les villages des Djermouna; les Qbaïls, défendant leurs maisons et gourbis, se battent avec une âpre énergie pour donner aux femmes et aux enfants le temps de s'enfuir dans la montagne; ils ne réussissent qu'à se faire écraser par l’artillerie; tout est enlevé, pillé, brûlé. Les pertes de l'ennemi sont considérables, et, dans sa fidte, il laisse 30 cadavres sur le terrain, alors que nous rentrons au camp avec 3 blessés, dont 1 officier, le sous-lieutenant Maillet. Pendant ce temps, notre cavalerie parcourt le Sahel-Guebli et brûle plusieurs villages abandonnés.

Le lendemain, les offres de soumissions commençaient à arriver au camp. Les Qbaïls venaient d’apprendre qu’Aziz était parti vers l'ouest; que le général Lallemand avait débloqué Fort-National : que la grande Kabylie était soumise; que le 23 et le 25 des troupes étaient débarquées à Bougie 1 ; qu'une colonne marchait sur les Mezaia et qu’une autre2 remontait l'Oued-Sahel ; on disait encore qu'Ahmed-Bey s’étail soumis avec les Righa. Aussi, de tous les côtés, les vieillards et les notables se séparaient des moqaddems et venaient au camp amenant, qui sa kharouba, qui son hameau ou sa fraction ; chacun agissait pour son propre compte et se méfiait des anciens chefs investis et des personnalités religieuses qui s’offraient les uns pour faciliter ces démarches, les autres pour les retarder. C'était, chez nos ennemis de la montagne, un désarroi complet et une méfiance générale vis-à-vis ceux qui les avaient entraînés ou guidés depuis trois mois.

Dans la banlieue et dans la plaine de Sétif, nos affaires avaient également pris une meilleure tournure à la suite d’opérations heureuses exécutées par le colonel Bonvalet.

Le 20 juin, avec l’appoint des troupes de la colonne Marié, il avait livré à Qsarettir un brillant combat dans lequel il avait écrasé les contingents des Righa, commandés par Mohammed-ben-Adda et ses frères. Excités par l’esprit de soff et par de vieilles rancunes locales, les petits goums de Sghir-bel-Laroussi et de Mohammed-Sghirben-Chikh-Saad nous avaient prêté un concours actif, dont l’effet

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