Deux régiments sous les ordres du colonel Ponsard
2. Sous les ordres du colonel Thibaudin, arrivé un peu avant le colonel Ponsard.
LES K C 11 Ë C S DE LA COALITION
moral était encore de beaucoup supérieur à l’aide matérielle donnée.
Ahmed-Bey et Mohammed-bel-hadj-ben-Gana-el-Righi ', qui, eux aussi, étaient ennemis de Mohammed-ben-Adda, mais qui n’avaient pas pris part à la lutte, étant eux-mêmes insurgés, vinrent le 23 au camp du colonel Bonvalet après avoir demandé un sauf-conduit. Ils iaisaient amende honorable de leurs fautes, offraient de nous servir fidèlement, s’engageaient à nous fournir des goums et des mulets, et à garantir la paix et la sécurité dans le Bou-Taleb et la plaine de Sétif. « C'est le moment de reprendre en main vos administrés, disait Ahmed-Bey, vous le pouvez presque sans coup férir, en montrant les « grand’capout » ; si on voit se grouper autour de vous les familles notables du pays, vous aurez des otages tant que vous en voudrez, et on vous payera, avec le temps, des contributions de guerre ou des amendes. Nous avons été trompés, nous en subirons la peine; nous sommes entre vos mains; nous ne vous demandons que de nous pardonner, et, avant de statuer, d’apprécier les services que nous vous avons rendus jadis et que nous vous rendrons. »
C’était là une démarche qui ne manquait pas de dignité, et des conditions, en somme, très acceptables, surtout vis-à-vis d’Ahmed-Bey, dont la participation aux actes insurrectionnels était encore fort minime, et en faveur de qui il y avait des circonstances très atténuantes.
11 eût été sage et politique de les accepter; c’était l’avis du colonel Bonvalet et aussi celui du général Augeraud, qui transmit ces propositions à Alger, en faisant connaître que des ouvertures analogues avaient été faites ou seraient faites par d'autres personnalités qu’il serait à la fois politique, humain et économique d’utiliser dans les circonstances actuelles; « encore bien qu’en agissant ainsi on prendrait l’engagement moral de conserver en fonction des agents compromis dans l’insurrection ou complices de faits tombant sous le coup de la loi française ».
Pendant qu’on attendait la réponse, Ahmed-Bey resta au camp du colonel, cherchant à ramener son frère Zaouï-ben-Chikh-Messaoud, qui avait groupé autour de lui, outre les Righa de son soif, un grand nombre d'Ouled-Sahnoun du Hodna. Zaouï déclara qu’il était prêt à se soumettre, mais que les Righa ayant eu un rôle très effacé dans l’in—
1. Cette famille notable des Righa n’avait aucun lien de parenté avec les Bengana de Biskra.