MALEK -EL- B E RK A NI
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France ne s’étaient jamais démentis, avait vu peu à peu disparaître sa grande influence politique et religieuse. Sans doute, leur fortune, leur nom, leurs fonctions et même leur crédit auprès des maîtres de l’Algérie, en faisaient toujours des personnalités importantes et considérées; mais leurs intérêts étaient trop visiblement liés aux nôtres pour que leur situation, vis-à-vis des indigènes, ne ressentît pas, en 1871, le contre-coup de notre effacement et de notre impuissance.
C’était, du reste, ce qui déjà leur était arrivé aux premiers temps de l’occupation turque, et ce qui avait alors facilité l’extension de l’influence de leurs rivaux les Brakna, famille maraboutique issue de Si-Mohammed-el-Berkani , un saint musulman qui a sa koubba à Médéa, et dont le fds s’était fixé chez les Beni-Menaceur.
Dans la montagne, où ils nous avaient longtemps combattus avec acharnement pour le compte de l’émir, les Brakna étaient restés bien plus populaires que les Ghobrini. Nous n’avions jamais réussi à en faire des partisans dévoués de notre cause; les premiers ralliés nous avaient trahis; le dernier, Malek-el-Berkani, investi en 1865, après avoir été exilé pendant quatorze ans ', nous servait mal. Non pas qu’il nous fût hostile de parti pris : il n’était ni sot, ni méchant, ni fanatique; l'exil et l’àge* 1 2 3 l’avaient rendu sage, et il n’avait plus ni illusion ni visées ambitieuses; mais, très aimé des montagnards, il tenait à conserver sa grande popularité, et, en toutes circonstances, il prenait les intérêts de ses administrés plutôt que les nôtres; il était leur représentant bien plus que notre agent.
Quant aux caïds choisis en dehors de ces deux familles des Ghobrini et des Brakna, ils n’étaient et ne pouvaient être que des agents d’exécution tirant de nous toute leur force, et, par suite, incapables de nous donner, dans un moment de crise, autre chose que leur dévouement individuel.
C'est ce qui était arrivé, dans les premiers mois de 1871, au caïd des Beni-Menaceur-Gheraba ?, Si-Mouloud-el-Habouchi, l’un de nos meil-
été nommé agha des Zatima avec dix tribus sous ses ordres : Zatima, Beni-bou- Mileuk, Beni-Zoui, Zougara, Tacheta, Aghbal, Gouraya, Larhat, Beni-Slimane, Beni-Merhaba. Deux fois il défendit Cherchel contre les Brakna et les Beni- Menaceur; détenu jadis dans les prisons de l’émir, à Miliana, il s’était échappé, et il s’était réfugié chez les Zatima, qui l’avaient défendu contre Abd-el-Ivader. — Son aghalik fut supprimé en 1866, à la mort de son fils Kaddour, qui lui avait succédé en 1849. — Voir, pour plus de détails, dans la Revue africaine de 1873, page 444, un article de .41. Guin sur les Ghobrini.