‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 155 sur 202 · MALEK-EL-BER K A N · texte numérisé non relu

MALEK-EL-BER K A N

Le 25 juillet, on procéda à un second ravitaillement du village de Zurich. Cette fois, le lieutenant-colonel Désandré put amener deux, pièces de canon. Parti à quatre heures du matin avec 050 hommes et un convoi de 50 hètes de somme, il arriva sans être inquiété jusqu’à deux kilomètres de Zurich, point où des groupes nombreux, embusqués sur les hauteurs et dans des carrières, dirigèrent sur la colonne un feu nourri qui tua un officier, M. Jude, et blessa deux zouaves.

Au retour, les Beni-Menaceur, occupant les crêtes au nombre de six à sept cents, ne cessèrent pas un instant de tirailler sur la colonne. Ils se risquèrent même, une fois, à descendre en plaine pour barrer la route, mais l'artillerie leur fit épouver de telles pertes qu’ils ne recommencèrent pas.

Pendant ce temps, sur la droite, on voyait les Chenoua en armes marcher parallèlement à la colonne, sans tirer un coup de fusil et sans jamais s’approcher. On leur envoya des mokhaznya pour connaître leur intention; ils se bornèrent à répondre que leur caïd leur avait donné l’ordre de se garder envers et contre tous, qu’ils n’attaqueraient pas, mais qu’ils se défendraient si on tirait sur eux.

On dut se contenter de cette réponse ambiguë et de cette neutralité malveillante, car on avait assez à faire de se garder et de combattre sur la gauche, et ce n’était pas le moment de se montrer exigeant vis-àvis des Chenoua.

Le défilé des petits aqueducs était occupé par les Beni-Menaceur plus fortement encore que le 17 ; mais, cette fois, l’artillerie couvrit d’obus les flancs du passage, et le gros de la colonne le traversa sans encombre, au bruit d’une fusillade inoflensive. Il n’en fut pas de même de l’arrière-garde, qui eut à soutenir un choc violent et eut en quelques instants un tué et treize blessés.

Comme la première fois, le soleil d’Afrique et la chaleur éprouvèrent cruellement nos malheureux soldats; pendant ces 28 kilomètres de route et de combats, 17 hommes tombèrent frappés d'insolation, trois étaient morts avant d’arriver à Cherchel.

Dans la nuit du 26 au 27, la principale conduite d’eau qui alimente la ville fut coupée et le débit diminua de moitié; mais il y avait dans les citernes un approvisionnement pour vingt-cinq jours, et, de plus, des puits dont l'eau, sans être excellente, était encore potable. Cette même nuit, les rebelles, malgré la surveillance des sentinelles, incendièrent la ferme Nicolas, située à 300 mètres des remparts.

Le 27, le colonel Ponsard partait d’Alger, traversait successivement

LES DERNIÈRES LUTTES

Staouëli, Fouka, Berard, Tipaza, et arrivait à Zurich le 1er août, sans avoir rencontré de manifestations hostiles sur sa route. Là au lieu de continuer dans la direction de Cherchel, il s'arrêta et s’occupa tout d'abord de dégager les approches du village et de peser sur le pays environnant.

Le 2 août au matin, il envoyait une forte reconnaissance sur l'ancienne route kabyle qui conduit à Cherchel par la montagne ; les rebelles, surpris par l’apparition de nos troupes, qu’ils n’attendaient pas de ce côté, livrèrent un combat dans lequel Malek-ben-Sahraouicl-Berkani fut tué presqu’au début, ce qui fit que l'affaire fut assez courte. Le colonel rentra alors au village pour y passer la chaleur du jour, et, à quatre heures, avec des troupes fraîches, il remonta chez les Beni-Menaceur et incendia les villages des Tidaff. La mort de Malekel-Berkani avait jeté le désarroi chez les rebelles, qui ne résistèrent pas et firent tout de suite des offres de soumission. Ils furent invités à envoyer leurs délégués le lendemain à sept heures au camp de Zurich.

Le même jour, 2 août, la colonne de Miliana se mettait en route sous la conduite du colonel Nicot, qui allait attaquer lesBeni-Menaceur par le sud, pendant que le colonel Ponsard les attaquerait par l'ouest. Les deux colonnes devaient se rejoindre à la zaouïa des Brakna.

Le 3 août, les chioukh des Beni-Menaceur étaient à Zurich et demandaient les conditions auxquelles ils pouvaient être admis à se soumettre. Quand on leur demanda des otages, des armes et la livraison des coupables qui seraient désignés, ils déclarèrent qu'ils ne pouvaient s’engager sans consulter à nouveau leur tribu. Ils ne revinrent pas, car le parti de la résistance l’emporta, et, sous l’incitation de ses chefs, Si-Ali-ben-Ahmed-Akerdjoudj, Si-Brahim-el-Bouzidi, caïd des Beni-Zioui, Si-Ahmed-ben-Djelloul, caïd de Zatima, on proclama Si- Brahim-ben-Sabraoui-el-Berkani agha des insurgés; mais ce fut encore Ben-Akerdjoudj qui continua à mener les affaires.

Le 4 août, la colonne Ponsard, quittant Zurich, s’engagea dans la montagne et vint camper à l’ancien fort turc, dit Bordj-el-Khemis, près la ferme Bacquet. On ne fut pas sérieusement inquiété et on n’eut guère à vaincre que les difficultés de la route, difficultés considérables, carie pays des Beni-Menaceur est plus tourmenté que la grande Kabylie ; les accidents topographiques y sont moins grands, mais le terrain semble déchiqueté, et il est très pénible à parcourir.

Le même jour, la colonne Nicot, partie le matin de l’Oued-Bedah, remontait, par des sentiers abrupts et étroits, la rive gauche de l’Oued-

MALEK-EL-BERKANI

Zeboudj : il lui fallut plus d'une demi-journée pour franchir 13 kilomètres et arriver en vue du bivouac de Gueroudra, dont elle trouvait toutes les crêtes occupées par les rebelles. Trois compagnies allèrent les déloger après un engagement assez long qui nous coûta un homme tué et quatre blessés, dont deux officiers, MM. Forget et Lutz, ce dernier déjà blessé àHammam-Righa. En route, cinq soldats, quis’étaient écartés des rangs, avaient été pris et décapités par les rebelles.

Le 3 août, par une chaleur écrasante, la colonne Ponsard arrivait à Souq-el-Hadd. Elle avait eu en route plusieurs escarmouches à l’arrière-garde, sur laquelle on avait tiraillé toute la journée, mais sans effet, grâce à l’emploi judicieux de notre artillerie, qui tenait les rebelles à distance. Un peu avant d'arriver au camp, on aperçut, à une quinzaine de kilomètres, la colonne Nicot qui se battait au col de Mahelli

Le colonel Ponsard fit tirer dans cette direction quelques coups de canon dont l’effet moral fut excellent.

Le colonel Nicot avait, en effet, trouvé le col de Mahelli fortement défendu et bien retranché, et il ne fut maître du passage qu’après un beau et vigoureux combat qui nous coûta 3 tués, dont 1 officier, le capitaine Buchillot du 2e zouaves, et 20 blessés, dont le commandant de Montleveaux du même régiment. Ce ne fut qu’à cinq heures du soir que la colonne put camper sur les déclivités avoisinant le petit bouquet de trembles d’Aïn-el-Anaceur.

Le 6 août, à la levée du camp et au moment où l’avant-garde s’engageait dans la descente de l’Oued-Tazemourt, l’arrière-garde eut à livrer un rude combat qui se prolongea jusque vers midi et dans lequel nous eûmes 3 tués et 6 blessés, dont 1 officier, M. Dottori. Le colonel Nicot ne put installer son camp au confluent de l’Oued-Tidaf et de l’Oued-Tazemourt qu’à six heures du soir. C'était encore une rude

1. Le général Philebert donne à ces deux combats des 5 et 6 août, auxquels il assistait, le nom de combats d’Aïn-el-Anacer. Nous appuyant sur les documents du bureau arabe de Cherchel, nous avons préféré le nom de col de Mahelli, nom qui, sur les cartes d’état-major, est écrit : Tizi-Maali. — Le col de Mahelli est, en effet, un lieu topographique important; c’est le col qui sépare le bassin du Chelif des petits bassins côtiers des Beni-Menaceur. La fontaine dite Aïn-el-Anaceur (source des Victorieux) est dite aussi à Cherchel Aïn-el-Azaïne (source des Chênes-zéens). 11 est souvent difficile de fixer les noms de bivouac ou de combat. Le camp du 6 et du 7 août est dénommé, dans un ordre du jour du colonel Nicot, camp de Tazemourt, ce qui est le nom d’une des deux rivières voisines ; d’autres l’ont appelé camp de l’Oued-Tidaf ; le général Philebert le nomme camp de Sidi-Brahim. Tous ces noms, en somme, sont bons, et on ne sait trop lequel choisir.

journée : mais les Qbaïls étaient démoralisés; les deux colonnes, qui n’étaient plus qu'à 12 ou 15 kilomètres l'une de l’autre, entraient déjà en relation, et les rebelles sentaient que toute résistance était désormais impossible.

De son côté, la colonne Ponsard, au camp de Souq-el-Hadd, pesait lourdement sur le pays en envoyant des reconnaissances qui brûlaient et razzaient les villages abandonnés, mais sans autre résultat que d’appauvrir le pays. Car bien souvent ces destructions systématiques et barbares, que l'amiral de Gueydon avait défendues avec beaucoup de bon sens, retardent les soumissions; l’indigène ruiné fait bon marché de sa vie et n’a plus aucun intérêt à se rendre.

Le 8 août, la colonne Nicot remonte l’Oued-Tidaf et vient camper à Aglasse-Haneche. Pendant son installation, l’arrière-garde a maille à partir avec un groupe de Qbaïls postés sur un piton voisin. Le capitaine Forzinetti, de la légion, va, avec une compagnie, tourner la position, l’enlève sans grande résistance et force l’ennemi à s’enfuir en emportant plusieurs hommes hors de combat1.

Ce fut au camp de Aglasse-Haneche que le spahi Ahmed-el-Berkani, neveu du chef des rebelles, mais qui de sa personne était resté dans nos rangs, alla chercher et nous ramena le sergent-major Alexandre, prisonnier de ses oncles depuis le 17 juillet. Ce sous-officier n’avait eu qu’à se louer de la façon dont il avait été traité par les Brakna : une seule fois, il avait été maltraité et avait failli être tué par les Qbaïls, exaspérés de la mort de Malek-el-Berkani. Si-Brahim-el-Berkani, qui faisait creuser la fosse de son frère, entendant le bruit, intervint et le fit entrer dans sa maison au milieu de sa famille.

A cette date du 8 août, les deux colonnes furent placées sous le commandement effectif du colonel Ponsard et opérèrent de conserve. Le 12, le colonel Nicot envoya au camp de Souq-el-Hadd ses gros bagages et un détachement, et, le 13 au matin, il alla rejoindre à Souq-es-Sebt le colonel Ponsard. Dans cette dernière marche, l’arrière-garde fut encore inquiétée et échangea des coups de fusil avec les Qbaïls, mais le gros de la colonne n’eut pas à se préoccuper de ces engagements. Un malheureux soldat, qui s’était écarté pendant une halte, fut décapité par les rebelles.

Le 13 août, les deux colonnes font séjour à Souq-es-Sebt, où les gens de Taourira viennent faire leur soumission.

Le 14, les troupes font une sortie sans sac chez les Mazer, dont elles

1. Ce petit combat d’Aglasse-Haneche a été omis dans le tableau chronologique.

MALEK-EL-BERKANI

couronnent le pic et brûlent les villages en échangeant encore des coups de fusil avec les derniers rebelles. Mais la résistance est nulle : à dix heures et demie, tout est terminé, et les gens du Gouraya, mais non ceux des Aghbal, viennent dans l'après-midi livrer leurs armes et les otages.

Le 16, les deux colonnes se séparent: la colonne Ponsard pour aller camper à Bibous, chez les Gouraya; la colonne Nicot pour aller au bord de la mer, à l’embouchure de l'Oued-Meselmoun, et assurer la sécurité de la route de Cherchel à Tenès.

Le 17, les Lahrat font leur soumission à la colonne Nicot, campée à l’Oued-Melah, et sont renvoyés au colonel Ponsard, qui remonte vers l’est par Souq-es-Sebt, point où, le 18, il reçoit les principaux membres de la famille des Brakna, qui, conduits par Brahim-ben-Sahraoui-el- Berkani , venaient se rendre à discrétion. Avec eux se rendirent aussi les gens de Tidaf, Beni-Habiba, Aïouïna, Beni-Abdallah, O. El- Arbi, Taourira et Bousalah.

Ce jour-là, 18 août, le colonel Nicot allait camper à la koubba de Si-el-hadj-ou-Difallah, et, en arrivant, l’avant-garde disperse à coups de fusil quelques groupes de Qbaïls, qui ne résistent pas longtemps.

En face est le pays sauvage des Beni-Zoui, que jamais nos colonnes n’ont parcouru et autour duquel sont groupés les Beni-bou-Mileuk et les derniers rebelles. Au nombre de -450 fusils, ils se sont retranchés dans le fort village d’Ighil-ou-Zerou, position formidable, à laquelle ils ont orgueilleusement donné le nom de Médina (la ville). Le reste des contingents occupe les crêtes abruptes du voisinage et le village de Tahanout, qui est comme le poste avancé de tout ce massif hérissé de fortifications en pierres sèches.

Le 19 août, de grand matin, quelques coups de fusil s’échangent entre la grand’garde des chasseurs à pied et les sentinelles kabyles, logées dans le retranchement en avant de Tahanout. Une autre grand’garde de zouaves croise son feu avec la précédente ; les hommes tirent sous un angle de 50 à 60 degrés, et il semble à beaucoup qu’ils tirent hors de portée. Des chasseurs, sans ordre aucun, grimpent alors dans des escarpements impossibles, et, tout en s’abritant, tout en tirantlentement, ils s’élèvent et se rapprochent peu à peu de Tahanout, où il est bien certain que leurs coups portent, car on voit les Qbaïls qui s’enfuient un par un. Au bout de quelques instants, on aperçoit des chasseurs à la place des sentinelles kabyles. Aussitôt le chef de bataillon de Négrier, du 11e provisoire, va, avec ses hommes et quelques volontaires, ap-

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puyer les chasseurs. L'ennemi est stupéfié en voyant cette longue file noire qui monte toujours et dont les projectiles l'atteignent à des distances qui lui interdisent toute riposte. Brahim-el-Bouzidi, qui est l’âme de la défense, se décourage, et il évacue avec les siens le village de Tahanout. Le commandant de Négrier s'y installe ety passe la nuit sans être inquiété.

Le 20 août, la colonne entière monte à Tahanout par la route ordinaire, plus praticable. Quand elle arrive, quelques feux de salve du bataillon de Négrier ont déjà fait évacuer Ighil-ou-Zerou. Le colonel Nicot s’installe avec ses troupes sur les crêtes et dans les villages, sans autres difficultés que celles résultant de la déclivité du sol et du manque d’eau, qui rendraient pénible un trop long séjour.

Le même jour, au camp de Souq-el-Hadd , le fils de Malek-el-Berkani se constituait prisonnier et était envoyé à Gherchel.

Le lendemain 21 août, la colonne Nicot s’installait à Aïn-Tibaïnète, sur la limite des Zatima et des Beni-bou-Mileuk, et un bataillon, sous les ordres du commandant Gâche, faisait une démonstration jusqu'à Bouchebad, sans rencontrer de résistance.

L’insurrection des Beni-Menaceur était terminée : il ne restait plus qu’à rétablir l’ordre et à faire respecter notre autorité dans ces tribus affolées. Il restait surtout à les ramener à nous, et c'était là le plus difficile, car, ruinés, appauvris et effrayés par la perspective de contributions de guerre et de dépossessions territoriales, les indigènes n’étaient pas pressés de revenir à nous. Beaucoup restèrent longtemps à vivre en vrais sauvages sur le Bou-Mad et sur quelques autres points d’accès difficile; mais il n’y eut plus de lutte, et ce ne fut qu’une question de réorganisation administrative. Elle fut menée à bien, avec beaucoup de tact et d'habileté, par le général Garteret-Trécourt , qui, nommé le 17 août au commandement de la subdivision de Miliana, vint le 30 août s’établir dans la montagne avec une petite colonne d’observation.

MOULAI - CHEKFA

(13 juillel — 30 septembre.)

Moulaï-Chekfa chez les Beni-Khettab et Mohammed-ben-Fiala à El-Aïnseur (13 juillet). — Démonstration contre les avant-postes de Djidjeli (16 juillet). — Les rebelles dans la plaine de l’Oued-Zhour (17 juillet). — Attaque d’Àdjankia et d’El-Milia (20 juillet). — Nouvelle attaque d’Ei-Milia (21 juillet). — Mohammed-ben-Fiala aux Beni-Tlilène (22 juillet). — Combat de l’Oued-Cherchari (27 juillet). — Combat de Nouara ou du Souq-Etnine des Mouïa (29 juillet). — Destruction des villages des Beni-Hassène et dos Haratine, sous Djidjeli (26 juillet). — Premier combat de Kheneg-elli-Afeur (30 juillet). — Destruction des zriba d’Aïmoun et des O. Ilanech (31 juillet). — Combat à Bounougha ; mort de Boubegra (2 août). — Combat aux zriba des O. Djama (3 août). — Attaque contre Bounougha (5 août). — Deuxième combat de Kheneg-elli-Afeur (7 août). — Incendie des zriba de Tidiane et de Yadène (8 août). — Rentrée à Collo du détachement de Bounougha; incendie du bordj (9 août). — Départ de Constantine de la colonne Delacroix (2 août). — Combat de l'Oued-Sedj, près Aïn-Nekhela (5 août). — Combat de Fedj-Beïnem (9 août). — Prise et destruction des villages des O. ltabah des Beni-Khctab (I l août). — Prise et destruction des villages du Djebel-Errès (12 août). — Soumission des tribus du Zouagha et de celle du O. Askeur (13 août). — Organisation de la défense de Fedj-Beïnem (13 août). — Combat de Sidi-Marouf (14 août). — Soumission d’une partie du cercle de Djidjeli à Fedj-el-Arba (15 et 16 août). — Soumission des tribus de la rive gauche de l’Oued-Kebir à El-Aroussa (17 août). — Combat du Djebel-Goufi (18 août). — Moulaï-Chekfa et Ben-Fiala se constituent prisonniers à Meharka (21 août). — La colonne à El-Milia (22 et 23 août). — Destruction des villages des Mchate (24 août). — Camp de l’Oued-Zhour (du 24 août au 3 septembre). — Destruction des zaouïas de Moulaï-Chekfa et de Ben-Fiala (5 septembre). — Soumission des Beni-Caïd de Djidjeli (1er août). — Razzia sur les Beni-Caïd et sortie de la garnison (2 août). — Dernier combat sous Djidjeli (3 août). — La colonne à El-Aouna ; soumissions des tribus du Tababort (10 septembre). — Razzia sur les Beni-Ourzeddine au pays des Beni- Foughal (11 septembre). — Razzia sur les Beni-Khezeur, Beni-Marmi et Beni- Maad (13 septembre). — Razzia sur les Beni-Segoual (14 septembre). — Reddition de El-Koreïchi-ben-Sidi-Sadoun (14 septembre). — Razzia sur les Alern (20 septembre). — Razzia sur les Ouled-Salem du Babor (22 septembre). — Soumission des tribus du Babor. — Arrivée à Saint-Arnaud de la colonne Delacroix (30 septembre).

Lorsque El-Haoussine-ben-Alnned-ben-Ech-Cherif-Mouiaï-Chekfa était venu, le 20 juin, prêter son concours au grand maître de l'ordre

LES DERNIERES LUTTES

desRhamanya, dont lui-mème était moqaddem, il avait été ébloui par la facilité avec laquelle les tribus s’étaient groupées autour de lui. Il avait naïvement attribué à l’influence toute-puissante de son nom vénéré ce qui n’était que le résultat de la désorganisation politique, administrative et militaire de l’Algérie ; et, quand Chikli-el-Haddad se fut livré au général Saussier, il se crut de taille et de force à prendre la direction du mouvement insurrectionnel, qui semblait devoir rester sans chef *.

Son lieutenant et ami Mohammed-ben-Fiala était plus intelligent : il ne partageait pas ces illusions; mais, comme c’était lui qui avait lancé l’inconscient Moulaï-Ghekfa dans cette aventure, il n’était pas homme à s’arrêter en route. Il continua donc ses menées insurrectionnelles, que favorisait l'absence de troupes entre Collo, El-Milia et Djidjeli. Ces trois poinLs restèrent ses trois objectifs de prédilection, alors que Moulai- Chekfa, momentanément sous l’empire d’autres influences, aurait préféré agir dans les environs de Mila et du Ferdjioua.

Mais ce côté, depuis le juillet, était bien gardé ; la colonne Vata, portée à 1,700 hommes et passée sous les ordres du colonel Aubry, avait, pour s’éclairer et se renseigner, un excellent goum commandé par le chef du bureau arabe de Constantine, le capitaine Villot, dont l’activité et les capacités étaient bien connues des indigènes de la région.

Aussi Moulai- Chekfa avait quitté Zraïa et s’était retiré dans la montagne des Beni-Khettah, où d’ailleurs il recrutait de nouveaux et nombreux contingents.

Quant à Mohammed-ben-Fiala, il était resté dans les environs de sa zaouïa, et il s’occupait à détruire , dans l’Oued-Zhour, les résultats produits par la présence du chef du bureau arabe de Collo, le capitaine Pont, qui parcourait le pays environnant avec une bonne saga et quelques spahis.

Dès le 13 juillet, Mohammed-ben-Fiala avait près de lui, à El- Aïnseur, les trois chioukh de l’Oued-Zhour : Braham-ben-Amor, des Beni-bel-Aïd ; Salah-ben-Souilah, desBeni-Ferguène ; Ameur-ben-Rfas, des Beni-Meslem. Autour d’eux s’étaient groupés tous les naïfs, tous les exaltés et tous les mauvais sujets des tribus voisines de l'embouchure de l’Oued-el-Kébir.

Dès que Mohammed-ben-Fiala eut assez de monde, il envoya un

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