Voir livre III, chapitre iv, page
MOULA Ï-CHEKFA
groupe recommencer les hostilités contre Djidjeli, sous les ordres du moqaddem Sid-el-hadj-Larbi-ben-el-hadj-Mohammed-Seddik1 2, qui déjà précédemment avait été chargé par Si-Aziz d'une mission dans ce pays. Ce moqaddem essaya, le 16 juillet, d’attaquer les avant-postes couvrant Djidjeli; mais sa bande fut dissipée et décimée par quelques obus bien dirigés avant qu’il ait pu nous causer le moindre mal.
Le 17 juillet, Mohammed-ben-Fiala, précédé du drapeau de sa zaouïa et d’une bruyante gheïta 2 qui signalait sa marche, traversait l’Oued-el-Kébir avec un millier de fusils et parcourait les tribus de l’Oued-Zhour, recevant partout les hommages des Qbaïls ; mais, ayant tout à coup vu déboucher d’une crête encore éloignée le chef du bureau arabe de Collo, le capitaine Pont, qu’accompagnaient une nombreuse saga et quelques spahis, il crut avoir devant lui l’avant-garde d’une colonne, et, après s’être arrêté un instant et avoir fait jouer à sa gheïta un morceau des plus belliqueux, il se jeta, avec ses contingents, dans les montagnes des Mchate, et se déroba ainsi à l’attaque dont il était menacé.
Les Mchate, les Djebaïlia, le rejoignirent, et, le 19 , ils allèrent camper avec lui sur la montagne de Tsemfedour, au nord d’El-Milia.
Le 20, il essaya de surprendre le village d’Adjankia et d’attaquer le bordj d’El-Milia, mais le canon et les chassepots le tinrent à distance.
11 renouvela son attaque le 21 contre le bordj sans plus de succès que la veille, et eut plusieurs hommes tués ou blessés.
Renonçant alors à ces agressions sans résultat , et cédant aux obsessions de Moulaï-Chekfa, il se porta chez les Achech, Beni-Caïd (El-Akbia) et chez les Beni-Tlilène d’El-Ma-el-Abiod, qui, menacés d’être razzés, lui fournirent des contingents. Il envoya alors partout des émissaires avec des lettres disant qu’il allait détruire le chemin de fer et les villages ouverts situés entre Philippeville et Gonstantine. Quelques-unes de ces lettres furent saisies, et on envoya un fort détachement de zouaves à Bizot; en même temps la Compagnie P.-L.-M. organisa des trains de wagons blindés pour surveiller la voie.
Il paraît prouvé que ces lettres n'avaient été écrites que pour nous donner le change et pour nous amener à retirer des environs de Mila
1. 11 était originaire des Fennaïa de Bougie et avait été arrêté le 28 mars à Djidjeli, sous l’inculpation de menées politiques et religieuses antifrançaises. Il avait été dirigé le 6 avril sur Gonstantine, s’était échappé en route et s’était réfugié à la zaouïa de Mohammed-ben-Fiala.