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2. A la date du 28 juillet, le montant de la contribution de guerre versé dans les diverses caisses du département d’Alger (y compris celle du trésorier-payeur de la colonne Lallemand), était de 1,903,950 fr. 50 centimes.
BOUMEZRAG-EL-MOQRANI
Kolla, petite forteresse naturelle que les Qbaïls avaient couverte de retranchements en pierres sèches.
Le 20, à quatre heures du matin, le général Saussier marche contre ce village avec 1,500 hommes sans sac, 4 pièces d’artillerie et la cavalerie.
Pendant que trois détachements d’infanterie repoussent les goums de Boumezrag et les acculent au Djebel-Bounda, la cavalerie occupe l’Oued-Sartour, qui, en arrière du village de ce nom, est la seule route pratique pour rentrer dans la montagne ou gagner le nord de la Medjana. Les deux villages de Kolla et de Sartour, malgré leurs lignes de feux étagés, sont ruinés par l’artillerie et enlevés avec entrain; un brillant combat de cavalerie s’engage dans la rivière; finalement, les Qbaïls se dispersent dans la montagne, et les Ouled-Moqrane, au nombre de quatre cents cavaliers et d'un millier de mulets chargés d’effets et de grains déménagés de la Qalaa des Beni-Abbès, gravissent les sentiers jugés impraticables du Djebel-Bounda.
Nos pertes se bornaient à un zouave tué, ou du moins blessé mortellement, et à G hommes légèrement atteints. Celles de l’ennemi étaient considérables, et il avait laissé entre nos mains un énorme butin; des grains en quantité, des tapis, et aussi divers objets provenant du sac de la ville et de l'église de Bordj-bou-Arreridj.
Le 27, les tribus de Zemora, Aïn-Turc et Ouled-Taïr, faisaient leur soumission. La nuit suivante, de nombreux coups de feu furent tirés sur les grand’gardes ; mais il n’y eut pas, à proprement parler, d’attaque.
Le 28 le général Saussier campa au lieu dit Chelloug, et, le 29, à Ghar-mta-Ouled-Hanich, faisant ainsi le tour du territoire des Megueddem. Ceux-ci eurent encore, ce jour-là, un engagement avec notre cavalerie, mais il fut de courte durée; on voyait qu’ils se battaient sans conviction et contre leur gré, et que les quelques Hachem qui étaient au milieu d’eux avaient beaucoup de peine à les empêcher de faire demi-tour. Ce combat, en effet, n’avait lieu que dans le but d’empêcher notre cavalerie de se jeter à la poursuite de Boumezrag, qui, pendant ce temps, accélérait la marche de son convoi dans la direction de Msila.
Quand les cavaliers des Hachem partirent vers le sud pour rejoindre leur chef, les Megueddem s’éparpillèrent dans diverses directions et se rendirent sans résistance dès qu’ils furent rejoints. Mais il fallut
1. Le 28 juillet, la colonne Flogny repartait de Sétif pour Mila et Constantine.
LES DERNIÈRES LUTTES
aller les chercher; cela prit du temps, et c’était tout ce que voulait Boumezrag.
Le 30 juillet, les Megueddem étant tous soumis, le général Saussier allait camper le soir sur les ruines de Bordj-Medjana; il amenait avec lui 50 mulets chargés d’armes livrées par les rebelles, 300,000 francs de contribution de guerre, un nombre considérable d’otages et de prisonniers.
Le 31, des reconnaissances de cavalerie et de goum débarrassèrent les environs du camp des rôdeurs et des bandes isolées. Elles eurent quelques escarmouches sans grande importance, à El-Achir, Aïn- Kahlact dans l’Oued-Bouktone. Elles firent des petites razzias, ramenèrent plusieurs prisonniers et eurent 2 hommes légèrement blessés.
A cette date, l’Ouennougha oriental, les Mzita et les Ouled-Sicli- Brahim-Boubekeur, n’ayant pas été parcourus par nos troupes, restaient insoumis, et donnaient la main, dans l’Oued-Sahel, aux Beni- Yala. Ceux-ci, qui s'étaient insurgés les premiers de tous1, étaient toujours en armes et fournissaient des émissaires, des espions et des recrues à Boumezrag, encore bien que la colonne Goursaud fût restée dans le voisinage et continuât à peser sur le pays.
Le 31 juillet, en arrivant au village de Tigharemt, le colonel Goursaud avait eu son avant-garde accueillie par des coups de fusil partis de groupes qu’il avait fallu disperser avec des feux de peloton.
Le 2 aofit, une reconnaissance conduite par le commandant de la -Roque s’avança jusqu’au col de Tamziant, qu’occupaient les contingents rebelles retranchés derrière des abris en pierres sèches. L’artillerie bouleversa ces ouvrages, que les éclaireurs abordèrent de front, tandis que les tirailleurs les attaquaient de flanc. L’ennemi eut 20 hommes hors de combat, et nous un tirailleur tué et 4 blessés. Au retour, la reconnaissance fut encore attaquée et obligée d’envoyer quelques obus pour tenir les Qbaïls à distance.
Le 4 août, une nouvelle reconnaissance, conduite par le commandant Moulin, allait chercher sur les crêtes boisées de Sameur les contingents rebelles qui s’y étaient réfugiés et retranchés : ils en furent délogés après un engagement dans lequel ils eurent 25 hommes tués, et nous 4 blessés seulement.
Le 6 août, la colonne Goursaud venait camper à Sameur; les Beni- Yala, démoralisés, commençaient leur soumission. Mais le parti de la résistance tenait toujours, et, au lieu d’exécuter les conditions, les