‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 173 sur 202 · Voir livre IV, chapitre in, lu note de la page · texte numérisé non relu

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AIIMED-BEY-BEN-CIIIKII-MESSAOUB

s’occuper d’Ahmed-Bey, qui dépendait de Sétif, on avait dû se borner à rendre compte que le chikh de Beïda-Bordj, Embarek-ben-Khellaf, la personnalité la plus influente des O. Sellem, maintenait toujours sa tribu dans le devoir et protégeait les établissements européens contre les déprédations des bandes armées sillonnant le pays. Ce brave et modeste serviteur, qui n’était pas en situation de lever un goum et de tenir tête à main armée à Mohammed-ben-Adda ou à Ahmed-Bey, eut plusieurs fois avec eux des relations ou des pourparlers qui contribuèrent à la sécurité des colons, — mais qui furent incriminés et qui entraînèrent plus tard sa comparution en cour d’assises, où, d’ailleurs, il fut acquitté haut la main.

Au 11 juillet, au milieu des Righa, O. Salmoun, Saliari, O. Soltan et O. Fatma, insurgés ou insoumis, l’action française était encore reconnue sur quatre points :

1° A Segana, où un goum de 500 cavaliers des Lakhdar-llalfaouïa, sous les ordres de Messaoud-ben-Ncib, protégeait et maintenait un millier de tentes de cette tribu;

2° Au bordj de Tabarout, où était le chikh Embarek-ben-Khellaf, ayant près de lui, retranchés dans la montagne, les sagas des Üuled- Sellem et celles des O. Ali-ben-Sabor ;

3° A Barika, où le chikh Mihoud-hen-Sghir, de la fraction des U. Amar 1 , gardait la maison de commandement , mauvais bordj en loubes, ne contenant plus que les mobiliers du caïd Si-Smaïl-ben- Meserli-Ali et du chef d’annexe, réfugiés à Batna. Près du bordj étaient groupées quelques tentes fidèles du Hodna, notamment celles des Ouled-Amor du chikh Bibi-ben-Mohammed ;

4° A Mgaous, petite ville berbère bien fermée, appartenant à la tribu des Beni-Ifrène, dont le chikh Abdallah-ben-Ounès, aidé de quelques mokhaznya du caïd des O. Sultane, et de la petite fraction des Üuled- Lüuifl, se disposait à résister aux rebelles, et avait réuni près de lui 315 chefs de famille.

Déjà même ils avaient, le 4 juillet, repoussé à coups de fusil des bandes venues pour briser la turbine du moulin du caïd et enlever sa zmala.

Les femmes et les enfants étaient rentrés en ville ; mais, très inquiets et mal installés, ils prirent le parti de se réfugier à Batna. Le 10 juil-

1. Les Ouled-Amar sont une fraction de la tribu des Ouled-Sahnoun; il ne faut pas les confondre avec les Ouled-Amor, tribu du même caïdut. Voir la note de la page 157.

LES DERNIERES LUTTES

let , le chikh de Segana, Messaoud-ben-Ncib, vint les prendre à la tète d'un goum de 250 cavaliers. Avec la zmala, bon nombre de femmes et d'enfants des Üuled-Louiti partirent pour rentrer à Segana pendant que la zmala continua sa route jusqu'à Batna, protégée par un goum envoyé de cette ville avec le caïd Si-Mahmoud-ben-Bachtarzi.

Dans le nord des Righa, Mohammed-ben-Adda, devenu le chef actif et populaire des insurgés du Boutaleb, continuait à battre la plaine sans cependant s’attaquer aux avant-postes qui couvraient la banlieue de Sétif au sud et à l’ouest.

Le 11 juillet, le colonel Bonvalet avait pu, sans avoir de combat à livrer, conduire un ravitaillement à Bordj-bou-Arreridj, dont le fort était entouré d’insurgés qui évitaient de s’approcher à portée de fusil.

Le colonel repartit le lendemain 18, à quatre heures du soir, par la route du sud qui passe àLanasseur et qui reste en plaine. Il ramenait avec lui le commandant Ducheyron et des mobiles qu'il avait remplacés par 33U hommes du 7e provisoire.

Les rebelles pensèrent-ils avoir plus facilement raison de ces mobiles que des troupes de ligne, ou bien était-ce parce que depuis la veille ils avaient eu le temps de se grouper; toujours est-il qu’à quinze ou dix-huit cents mètres de la ville, la colonne était entourée de cavaliers qui vinrent tirailler sur son arrière-garde. Quelques muletiers retardataires furent même coupés de cette arrière-garde et rentrèrent au fort. On dut faire le coup de feu tout le long de la route, et, le soir, quand le camp fut à Oum-el-Adam, un peu au nord de Lanasseur, ses grand’gardes durent rester sur pied toute la nuit. Des deux côtés on brûla beaucoup de poudre, mais nous n’eûmes personne de blessé.

Le 19, dès le lever du soleil, des goums bien plus nombreux que la veille harcelèrent la colonne sur ses quatre faces à la fois, sans jamais s’engager à fond et en combattant à la façon numide. Pour avancer, l'avant-garde devait à chaque instant prendre des positions pendant que l’arrière-garde faisait des feux de salve face en arrière et que la cavalerie multipliait ses charges latérales. Les chassepots tinrent facilement l’ennemi à distance, mais ce ne fut pas sans perte de temps ni sans fatigue.

À Ras-el-Üued, oïl le colonel aurait voulu camper, la masse des rebelles était telle qu'il était bien évident qu’il aurait fallu continuer le combat le reste de la journée et toute la nuit; dans ces conditions, mieux valait se battre en marchant et aller coucher à Qsarettir, où on

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