A H M E D - B E Y - 13 E N - C 1 1 1 K II - M E S S A 0 U D
en état de conduire les O. Sellem. Il sut cependant, en ces circonstances délicates, agir avec tact et habileté ; il fit prévenir le caïd des Eulma, Ahmed-ben-Slimane, de la situation précaire des colons, et ce caïd, avec un goum nombreux de sa tribu, des Ameur-Dahra et des Abdelnour, vint chercher les douze colons qui, sous cette protection, gagnèrent sans encombre Saint-Arnaud.
Dans cette même journée du 31 juillet, 600 fantassins et 300 cavaliers des Ouled-Derradj vinrent renforcer les assiégeants de Mgaous. On se battit du matin au soir, et les Beni-lfrène eurent un homme tué et un blessé; mais ils virent charger 13 morts ou blessés sur les chameaux que les Ouled-Derradj avaient amenés pour emporter le butin lors du sac de la ville. A la nuit, les assiégés purent faire partir pour Batna un émissaire porteur d’une lettre demandant des secours.
Le 1er août, dès le lever du soleil, le combat recommençait sous les murs de la ville; les Beni-lfrène, ayant à leur tète leur chikh Abdaliah-bel-Lounis, firent une sortie et enlevèrent la maison du cadi, Cette journée leur coûta six morts et douze blessés ; mais l’ennemi avait perdu une position importante et il avait eu trente hommes hors de combat.
Les quatre premières attaques de Mgaous avaient été autant cl’échecs pour les assiégeants; découragés, ils décidèrent de changer le siège en blocus. Les Ouled-Soltane, Aïdouca, O. Fathma, O. Derradj et Mouassa établirent leurs tentes autour de la ville de façon à former un cercle complet, hors de portée de fusil.
Ce premier blocus dura quatre jours sans incident; mais, le 5 août, les Beni-lfrène, en une rapide et vigoureuse sortie, culbutent les tentes, se chargent de butin et d'animaux, et rentrent en ville avant que l’ennemi, revenu de sa surprise, ait le temps de se grouper et de riposter efficacement à ce hardi coup de main.
Les assiégeants vont alors prier Ahmed-Bev d'intervenir, et, en même temps, ils offrent aux Beni-Ifnène et aux Ouled-Louifi de respecter leurs personnes et leurs biens, s'ils s’engagent, par serment, à donner des gages à l'insurrection et à combattre, à leur choix, contre Sétif, Batna ou Msila.
Ahmed-Bey appuie cette négociation, et il se porte garant de la sécurité des familles de ceux qui quitteront Mgaous pour marcher contre les colonnes ou contre les villes françaises. Il échoue, et, le 7 août, la lutte recommence; les Beni-lfrène ont un homme tué; les rebelles sept blessés, dont un succombe dans la journée.
LES DERNIÈRES LUTTES
Le 9, les assiégeants essayent encore d’escalader les murailles; ils ne réussissent qu’à se faire tuer du monde. Furieux, ils saccagent et incendient tout ce qui est autour de Mgaous : jardins, gourbis et meules.
Puis ils reforment leur cercle de tentes, mais, cette fois, ils organisent des patrouilles pour éviter les surprises. Pendant six jours le blocus est maintenu sans combat. Les O. Soltane et les gens du Belezma attribuent leur insuccès à l'insuffisance de leurs chefs, Slimane-ben- Drouaï, simple paysan, et Ben-Rahmoun, homme taré; tous deux sans prestige comme sans capacité.
Ils font alors des ouvertures comminatoires à Si-Taïeb-ben-si-Mohammed-Salah, marabout du Guergour1, dont le père est interné en France depuis 1864. Mais Si-Taïeb, qui, par amour lilial, n’a pas cessé un instant de tenir une conduite des plus correctes, arrive àBatnanous prévenir, et nous demande de rester en ville pour éviter toute équivoque.
Le 10 août, les Ouled-Sellem et les Ouled-Ali-ben-Sabor, éprouvant aussi le besoin d'étre bien commandés, envoient un miad, ou députation, à Ahmed-Bey, pour obtenir la mise en liberté de leur chikh Embarek-ben-Khellaf. Ils s’engagent, si une colonne française ne se présente pas dans un délai de dix jours, à se joindre à lui et'aux Ouled-Soltane. « Ce délai, disent les envoyés, est nécessaire pour mettre en sûreté leurs troupeaux qui sont du côté des Eulmas et des Ouled- Abdelnour, car, jusqu’alors, personne chez eux n’avait pensé qu'il pourrait un jour être de leur intérêt de combattre les Français. »
Malgré les réticences de ces délégués, qui n’avaient pas l’air d’étre des partisans bien convaincus de l’insurrection, Ahmed-Bey, fort embarrassé de son prisonnier, consentit à le laisser partir lorsqu’il eut ratifié les promesses conditionnelles des délégués. Embarek-ben- Kliellaf, aussitôt arrivé dans sa tribu, organisa ses montagnards, et les retrancha dans les endroits les plus difficiles de la montagne ; là, il pouvait attendre et braver les cavaliers d’Ahmed-Bey. Celui-ci, du reste, vers cette époque, allait rejoindre Boumezrag dans les Madid, et la prévision de ce départ avait été une des causes déterminantes de la mise en liberté d’Embarek-ben-Khellaf.
Pendant cette absence d’Ahmed-Bey, les O. Soltane et les O. Fatma continuèrent leurs attaques infructueuses contre Mgaous.
Le 15 août, ils essayent un deuxième assaut général qui est encore