‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 176 sur 202 · A II M E D - B E Y - B E N - C III K II - M E S S A 0 U D · texte numérisé non relu

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repoussé et dans lequel ils ont plusieurs morts ou blessés, alors que les assiégés n’ont qu’un seul homme tué.

Le 18, nouveaux efforts des assiégeants, nouvel échec pour eux; mais les Beni-Ifrène ont sept des leurs blessés.

Évidemment ces échecs tiennent à ce que les Qbaïls du Belezma sont de tièdcs musulmans, qui oublient que « la victoire vient de Dieu ». Les moqaddems Ahmed-ben-Abdallah, des O. Fatma, et Seddikh-ben-Quebaïli, interné des Braklia', le leur rappellent, et, le 19 au matin, après la prière du Fedjeur faite en commun, iis marchent à la tète des combattants en psalmodiant à haute voix les versets les plus efficaces du Coran et les hymnes sacrés les plus entraînants.

Les défenseurs de Mgaous ne s’émeuvent pas*de ces chants; ils repoussent à coups de fusil les chanteurs et les combattants qui, quatre fois dans la journée, aux heures des prières canoniques, renouvellent inutilement leurs attaques et leurs manifestations religieuses.

Cependant, il est à remarquer qu’en cette « journée des moqaddems » dont le souvenir est resté bien vivace dans le pays, on ne dit pas qu’il y ait eu des morts ou des blessés chez les assiégeants. Les deux moqaddems se sont bien exposés aux balles des Beni-Ifrène, mais ceux-ci n’ont pas osé tirer sur des religieux qui tenaient dans leurs mains des Corans et des livres sacrés; leur résistance a été plus passive qu’active.

Le cadi Si-Abmed-ben-Mahfoud et quelques tolbas, familiers de la mahakma ou de la mosquée, veulent se montrer aussi braves que les chefs des khouans; ils organisent, le 20, au point du jour, une sortie que commande le cadi. Leur audace fait l’admiration des Beni-Ifrène montés sur les remparts et sur les terrasses; mais, plus braves qu'habiles, ils sont bientôt enveloppés par les assiégeants et placés dans une position fort critique. Le bachadel Si-Achour-ben-Mohammed et le khodja du caïd sortent pour les dégager avec quelques hommes déterminés. Ils réussissent, mais un serviteur du caid tombe blessé entreles mains des assiégeants, qui le mutilent et le brûlent alors qu’il respire encore. Pendant que cette scène de sauvagerie se passe sous les yeux des assiégés, un autre groupe de rebelles reprend par surprise la maison du cadi et s’y installe de nouveau.

Le 21 août, le combat reprend dès le matin et dure jusqu’au soir. Il continue le 22 au matin jusqu’à midi; mais, découragés de leurs

1. Bralctia, fraction de la tribu des O. Adi, confédération des Ouled-Derradj- Gheraba.

LES DERNIÈRES LUTTES

insuccès, les assiégeants cessent le feu et reprennent le blocus sans plus rien essayer contre la ville.

Pendant ce temps, Ahmed-Bey avait fait une courte apparition aux O. Sellem, après l’échec subi, le 19, par Boumezrag, chez les Madid1, au Djebel-Ouled-Y allia; il était venu réclamer l'exécution de la promesse qui lui avait été faite lors de la mise en liberté du chikh Embarek-ben-Khellaf. Mais les O. Sellem lui .avaient refusé tout concours et s’étaient mis en état de défense. Ahmed-Bey n’avait pas eu le temps de les combattre; il était reparti de suite rejoindre Boumezrag avec ce qu’il avait pu recruter de contingents, mais non sans marquer sa route par l’incendie des meules et des maisons appartenant aux gens restés fidèles à la France.

Il s’était fait battre avec Boumezrag à Bordj-Redir, le 23 août, et avait, avec lui, fait encore une fois des offres de soumission qui n’avaient pas été acceptées2.

Le 24, il avait quitté les Ouled-Moqrane, allant vers Msil-a, et était rentré dans le Boutaleb attendre les événements. II se borna, à partir de ce jour, à faire surveiller la plaine, au nord et à l’est de ce massif, sans plus agir personnellement.'

Le 23 août, quand la colonne Saussier quitta le camp de Belimoure, des cavaliers des Righa harcelèrent le flanc droit de la colonne; mais ils n’eurent d’engagement sérieux que le 26, près de Iias-el-Oued, où, à la suite d’une attaque sur les avant-postes, le général lança contre eux sa cavalerie, et leur tua quelques hommes.

Le 27, la colonne Saussier arrivait au Mesloug sans être inquiétée. Elle y resta cinq jours pour évacuer sur Sétif les blessés, les malades, les otages, et les prises qui encombraient le convoi, ainsi que pour recevoir des approvisionnements en vivres et munitions. Quelques compagnies du 3° zouaves et le 5e escadron de chasseurs d’Afrique, sous les ordres du commandant Robert d’Orléans (duc de Chartres), vinrent combler les vides faits dans la colonne. Celle-ci reprit sa route dans la direction de Mgaous, le 3 septembre, jour où elle bivouaqua à Aïn-Melloul.

Le 4, elle campait à Aïn-Azem, après une longue marche de 32 kilomètres, pendant laquelle la cavalerie eut encore à tirailler sur le flanc droit que les coureurs ennemis cherchaient à inquiéter. Le 3, on

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