‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 198 sur 202 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Dans l'extrême sud, les Chamba-Bourouba et Berezga se soumirent les premiers; puis, en octobre 1872, ce furent les Mekhadma. Les Chamba-el-Mouadi ne rentrèrent dans le devoir qu'en janvier 1873, lorsque le général de Gallifet vint, avec une colonne, montrer pour la première fois des soldats français dans l'oasis d’El-Goléa.

Pendant ce temps, Bouchoucha ne lit pas parler de lui en Algérie. Il alla d’Insalah à Kerzaz, cherchant, sans trop réussir, à refaire sa fortune en exploitant auprès des naïfs sa lutte contre les chrétiens ; mais ce n’était plus qu’un simple chef de rezou. En avril 1873, opérant dans le Gourara et ayant voulu attaquer le village de Berkane,il subit un échec à la suite duquel il se réfugia à Bouda, dans le Touat, où il s’occupa de reconstituer sa bande.

Quant aux Ouled-Moqrane , réfugiés en Tunisie au nombre de 501) personnes environ, répartis en 100 tentes, ils étaient restés campés près de la frontière avec 50 autres tentes d’insurgés de 1871. Ils ne firent rien contre nous, mais leur proximité resta, jusqu’en 1873, une cause indirecte de surexcitation et de difficultés sur la frontière.

La condamnation de Boumezrag, le 26 mars 1873, ainsi que celles qui suivirent, les frappèrent douloureusement. Ils trouvèrent surtout injuste et incompréhensible le caractère flétrissant imprimé à ces condamnations par la loi française, et tous s’associèrent de cœur à la protestation de Boumezrag, disant, après le verdict : « J’accepte la responsabilité incombant au chef de ma famille; que Dieu pardonne aux autres! mais je protesterai toujours contre l'accusation d’avoir pillé et incendié! Si nous avions été des pillards et des assassins, mon frère n’aurait pas fait fusiller dans son camp ceux qui avaient saccagé les chantiers de M. Sider. »

L’avènement au pouvoir du maréchal de Mac-Mahon en France et du général Chanzy en Algérie avait donné un moment d’espérance aux Moqrani; mais, quand iis virent toutes leurs suppliques rejetées, leurs terres partagées entre les colons, et enfin les agents du bey, sous l'influence du consul de France, les soumettre à une surveillance vexatoire pour des gens qui s attendaient a être traités en Tunisie avec honneur et distinction, ils désespérèrent de l'avenir.

Alors, ne sachant comment vivre, ils s’adressèrent au sultan de Stamboul, chef virtuel de l’Islam, et ils lui demandèrent une concession territoriale en Syrie afin de s'y fixer « en tenant le rang qui convenait à leur noble origine ».

Cette demande habile, qui flattait l’amour-propre du Sultan, embarrassa la Sublime-Porte. Le grand vizir consulta notre ambassadeur,

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