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du caïd des Ouled-Msellem, El-Haddad-ben-Goullil, qui nous était resté fidèle; il lui enleva sa zmala ainsi que ses troupeaux. Ce coup de main réconforta les rebelles et leur amena de nouveaux contingents.
Le même jour, pour affirmer leur adhésion à l’insurrection, les Mechdalla incendiaient les bâtiments déserts de Tala-Rana, en face du bordj de Beni-Mansour 1 , dont les rebelles commencèrent le blocus.
A la nouvelle de ces attaques, le colonel Trumelet, craignant pour le faible détachement des capitaines Cartairade et Ulrich, réunit ce qu’il put trouver dans la garnison d’Aumale, et partit le 20 mars pour l’Oued-Okhris.
Le jour même, à quatre heures et demie du soir, il arrivait sans coup férir, amenant avec lui deux pelotons de chasseurs d’Afrique et trois cents mobilisés de la Cùte-d’Or, sous les ordres du commandant Berrieux, ancien officier de Crimée et d’Italie. A minuit, un courrier lui apportait l'ordre impératif d’Alger de rentrer à Aumale et de se borner à des patrouilles sous le canon de la place.
La situation générale était en effet beaucoup trop grave pour que l’autorité supérieure pût laisser s’aventurer dans un pays difficile comme f Ouennougha un détachement d’un effectif aussi faible que celui du colonel.
Mais, d’un autre coté, rentrer sans brûler uneamorce, ou risquer d’étre attaqué dans la forêt de Ksenna, eût été d’un effet déplorable; aussi, au lieu de suivre pour le retour la route directe, le colonel résolut d’appuyer vers le sud pour permettre au goum de dégager la zmala du caïd des O. Mesellem, restée aux mains de Boumezrag.
Le 21, à trois heures et demie du matin, précédé des goums conduits par le caïd, il se mettait en marche dans la direction de la nezla.
Boumezrag, prévenu par ses chouaf2, avait quitté ce campement et avait pris position sur les hauteurs au point dit Es-Seroudj, où il avait concentré de 1,000 à 1,200 fusils.
Le goum des Ouled-Dris et la saga des Ouled-Salem attaquent d’abord sans hésitation, mais bientôt les fantassins lâchent pied ; les goums, écrasés par des forces supérieures, reculent; le capitaine Belot, adjoint au bureau arabe, les anime de la voix, et s’élance en avant, bousculant la ligne des tirailleurs ennemis; mais personne ne le suit, et, quand il veut revenir, il tombe mortellement frappé. En ce-mo-
1. Tala-Rana était l'installation d’été du chef d’annexe de Beni-Mansour, et restait inhabité en hiver.