‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 69 sur 202 · LA K 11 OU AA A ER IL · texte numérisé non relu

LA K 11 OU AA A ER IL

ce qu'il peut de ses contingents, qui montent à plus de 10,000 hommes, les dispose en une longue ligne sur un rang, de façon à leur faire occuper plusieurs kilomètres, et les passe en revue, en grand apparat, entouré d'un état-major de moqaddems dont les bernous à peu près blancs tranchent à côté des vêtements sordides des Qbaïls.

Puis Aziz met pied à terre, et, sous la direction de son frère aîné, Ghikh- Mahmed, les contingents font une grande prière pour l’extermination des Français, prière dont il sera parlé dans les tribus, car les musulmans sont convaincus que plus on est nombreux pour faire une prière, plus cette prière est efficace, et il n'est pas donné tous les jours de voir, en Algérie, dix mille fidèles se prosternant ensemble derrière un imam.

Le récit de cette cérémonie fit, en effet, grande impression chez les indigènes, et il contribua à amener de nouvelles recrues aux fils de Ghikh-el-Haddad.

Pendant que ceci se passait à Takaat, dans l’Oued-Sahel, le commandant de l’annexe de Takitount faisait d’urgence rentrer au fort les ouvriers français qui travaillaient sur la route du Chabet-el-Akra et chez les Aït-Smaïl.

Le 15, avec la connivence des cinq chioukh de la tribu q Aziz attaquait le bordj du vieux caïd Si-Ghérif-Amziane-ben-el-Mihoub, seigneur religieux des Imoula, ennemi déclaré des khouans, et fidèle serviteur de la France depuis 18171 2 3.

Ecrasés par le nombre, les défenseurs du bordj et du village s’enfuirent dans la montagne et Aziz mit le feu à leurs maisons, après toutefois les avoir pillées.

C’était la seconde fois que le marabout Si-Chérif-Amziane-ben-el- Mihoub était victime de son dévouement à la France; déjà, le 5 mai 1851, sur son refus de reconnaître la suzeraineté du célèbre agitateur Boubegbla dont Chikh-Mahmed était alors le lieutenant, son bordj et Imoula avaient été enlevés d’assaut, pillés et incendiés 5.

Le 16, pendant que Aziz porte son camp à Adrar-el-Gherbi (ou

1. Mohauiined-ou-Madi, Amar-ben- Si-Mohammed, Hadj-Mahmed-ou-Amzian, Sliman-ben-el-IIarrouch, Tahar-ben-Kaça-ou-Ali.

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