‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 70 sur 202 · Sa nomination remontait au 24 mars · texte numérisé non relu

Sa nomination remontait au 24 mars

3. Quelques jours avant, le 18 mars 1851 , Boubeghla, et son même lieutenant, avait pillé l'azib de Ben-Ali-Chérif, qui s'était réfugié au bordj de Beni-Mansour sous la protection du goum de Beauprêtre; le 24 mars, il avait attaqué la zaouïa de Chellata, mais il avait été repoussé et battu par les tolba et un petit groupe de serviteurs excités et entraînés par la mère de Ben-Ali-Chérif, la dame Lalla- Aïcha.

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Adrar-Adjica), Si-Mahmed, à Sidi-Aïch, fait piller et brûler l’usine Honorât et l’azib de Saïd-ou-Moussa, réfugié à Bougie; en même temps, et à son instigation, les Illoula signifient à Ben-Ali Chérit qu’il a trois jours pour adhérer à l’insurrection, et que, passé ce délai, il sera traité comme Chérif-Amziane.

Ben-Ali-Chérif informe en toute hâte le général Lapassct, le supplie de venir le dégager, lui demande des ordres; mais le général ne peut songer, avec ses 2,000 hommes, à forcer les défilés de Sidi- Aïch et de Takerad, alors qu’Aziz est prêt à le prendre à revers par l'Oued-Amizour : il répond au marabout de Chellata qu’il ne peut que lui conseiller « d’agir pour le mieux en attendant des jours meilleurs ».

Le 17, à Boumila, Cbikh-Mahmed détruisait l'usine Dufour, pendant que Aziz frappait les Beni-Djellil d'une forte contribution pour les punir de leur peu d’empressement et de leur peu de déférence vis-àvis des moqaddems.

Le 18, chez les Senadja, Aziz incendiait l'azib d’Ahmed-Oukratri, interprète militaire en retraite, réfugié à Bougie. De son côté, Chikh- Mahmed faisait piller aux Fennaya les propriétés du caïd Ilammou- Hanotin et le moulin Lambert.

Ce fut sur ce dernier point que s’échangèrent les premiers coups de fusil entre nos troupes régulières et les rebelles. Une reconnaissance de cavalerie, envoyée parle général Lapasset, tomba sur les pillards du moulin et les dispersa; mais, quand cette reconnaissance reprit le chemin du camp, les rebelles recommencèrent leur œuvre de destruction.

Le général était impuissant à empêcher ces scènes de dévastation : ce n’étaient pas des soldats qu'il avait, mais de jeunes recrues sans instruction militaire, et auxquelles il fallait apprendre à charger un fusil, à camper, et surtout à se garder. Il ne pouvait, avec de pareils éléments, attaquer les retranchements élevés dans 'le défilé des Fennaya et défendus par de solides et vigoureux montagnards.

Dans l’après-midi dn 18, Aziz, ayant incendié le caravansérail de l'Oued-Amizour, s’avancait dans la direction de Bougie, au milieu des Djebabra insurgés, et, en même temps, les Ifnaïène et les Aït-Smail se groupaient en avant et sur la droite du camp d’El-Kseur. Le général vit qu’il allait être coupé de Bougie, et réduit à une défensive sans profit pour la banlieue suburbaine de la ville.

Il n’attendit pas d'en être réduit là, et, dans la nuit du. 18 au 19, il se replia jusqu’à Ighil-ou-Azouz, en avant du col dit « Col de

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Tizi1 j. Là, il n’avait plus derrière lui que les trois tribus encore fidèles de Si-Mohammed-Amocjrane, des Beni-bou-Messaoud et des Mezzaïa. Dans cette position, il couvrait au moins les établissements français qui entourent Bougie ; mais, tout ce qui appartenait à l'État, aux colons, aux indigènes fidèles, en avant de la crête que traverse le « col de Tizi », fut mis à sac pendant les journées des 19 et 20 avril2 3.

Dans la soirée du 20 avril, les Illoula reçurent une nouvelle lettre du bachagha Moqrani, qui. pour la seconde fois, désavouait et menaçait son ancien ami. Elle était ainsi conçue :

« Aux Notables des Illoula-Oüsameur ,

« ... .l'ai reçu votre lettre dans laquelle vous m’annoncez que Ben- Ali-Chérif détourne les gens de la guerre sainte et cherche à les empêcher d’y prendre part, et cela pour suivre les avis des infidèles, abandonnant ainsi les traditions de ses pères et de ses ancêtres. En ce moment je pars pour l'ouest, à la rencontre de la colonne qui est sortie d’Aumale ; aussitôt mon retour, je viendrai avec mes contingents camper à Akbou et faire ma jonction avec le chikh Aziz et ses troupes. Nous détruirons l'azib de Ben-Ali-Chérif, son bordj et les maisons de tous ceux qui auront pris son parti. Nous renverserons ses combinaisons 3, nous prendrons ses biens; son impiété ne lui aura servi à rien.

« Enfin je vous recommande de vous entendre et de réunir tous vos efforts pour la guerre sainte. Rappelez-vous les paroles du prophète : « Dieu exemptera des feux de l'enfer quiconque aura couvert ses pieds de poussière dans la voie de Dieu. »

« De la part de Si-el-hadj-Mohammed-el-Moqrani.

« 20 avril 1288. »

Ce nouveau désaveu et ces menaces achevaient de rendre tout à fait délicate la position de Ben-Ali-Chérif. Jusqu'alors il avait béné-

1. Tizi signifiant col, l’expression « col de Tizi » ne dit rien; ruais elle est consacrée par l'usage, et ce n’est pas la seule : on dit le Pont d'Ël Kantara , c’est-àdire le pont du pont; et même, en accolant un nom berbère à un nom arabe : la fontaine d’Aïn-Tala, c’est-à-dire la fontaine de la fontaine de la fontaine.

2. Caravansérail de Taourirt-Ighil ; baraques du génie à Tala-Karoub ; cantines et baraques de l’entrepreneur Baud à la rivière Salée, à l’oued Kseur; moulin Capello; maison veuve Alexandre; ferme Noailles; ferme El-Haoussineben-Rabah, etc., etc.

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