‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 73 sur 202 · LES 1SSER ET LA MITIDJA · texte numérisé non relu

LES 1SSER ET LA MITIDJA

dévotions aux deux tombeaux de Sidi-Abderralimane-bou-Goubrine , et ceux qui passaient chez eux ne manquaient pas d’apporter leur ziara 1 .

Naturellement, tous les krammès, domestiques ou tenanciers indigènes des colons delà Mitidja, étaient devenus leurs khouans ; et, tant que le grand-maître de l'ordre des Rahmanya avait mis son influence au service de la France, les moqaddems et leurs khouans s’étaient montrés très corrects vis-à-vis les colons leurs voisins.

Plusieurs d’entre eux s’étaient même fait une réputation méritée d’hommes honnêtes et estimables. Mais, quand vint de Seddouq l’ordre de courir sus aux chrétiens et de les rejeter dans les villes*, leur vieille haine se donna un libre cours, et ils reprirent ce rôle d’excitateurs qu’eux ou leurs pères avaient déjà rempli aux premiers temps de l’occupation.

Ainsi seulement s’explique cette levée de boucliers dans un pays où il n’y avait aucune cause de haine contre la France, car c’était un pays d’apanages beylicaux, et, si les colons avaient remplacé les protégés et fonctionnaires du dey, la plupart disparus, les métayers, les krammès et le menu peuple, tous gens sans cohésion et rompus à l’obéissance et au travail, n’avaient fait que changer leurs maîtres ou voisins, exigeants et rapaces, pour des maîtres certainement plus bienveillants et plus justes.

Avec nos colons de la Mitidja, ces indigènes gagnaient un argent dont ils disposaient à leur gré sans avoir à redouter comme jadis les exactions des agents du beylik ou les violences des cavaliers des tribus makhzènes qui entouraient la plaine et la couvraient contre les incursions des Qbaïls.

Les Turcs avaient, en effet, la grande banlieue de leur capitale défendue, en 1830, parles tribus makhzènes des Zouatna, Abid, Nezlioua. et Amraoua, et par la confédération des Beni-Djaad, inféodés aux Mahieddine de Tourtassine, seigneurs religieux des tribus guerrières des Beni-Slimane.

Quant aux autres tribus makhzènes, elles avaient fini avec le temps par se rallier à trois familles principales : les Ouled-Zamoun des Isser2, les Mahieddine de Taourga et les Oukaci de Temda. Ces trois

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