‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 76 sur 202 · LES I S SE H ET LA MITIDJA · texte numérisé non relu

LES I S SE H ET LA MITIDJA

qui, au lieu de nous combattre, nous fournirent des goums et des convois. Elle permit à la colonne Cérez d’agir à l’est et au nord-est d’Aumale, et elle paralysa les menées de Saïd-ben-Boudaoud dans le Hodna occidental. D’ailleurs, en dehors de quelques petites affaires de goums, elle ne tira pas un coup de fusil, se déplaça à peine de quelques kilomètres, et, durant cinq mois, resta perdue, ignorée, sans que rien ne vint jamais distraire ses hommes de leur monotone faction, sans que personne ne parlât d’elle, et cependant son rôle a été considérable, car elle a puissamment contribué à arrêter la marche de l'insurrection à l’ouest, sur les hauts plateaux et dans le Tell.

Mais, quelle qu’ait été son utilité, elle avait eu pour effet aussi de dégarnir Alger de troupes1, et on fut fort embarrassé lorsque éclata l’insurrection du Djurdjura.

Dès le la avril, le maire de l’Alma, de concert avfec la gendarmerie et le capitaine des miliciens, avait organisé, tant à l'Alma qu’au col des Beni-Aïcha, un service régulier de patrouilles, d’estafettes et d’éclaireurs européens ou indigènes, qui furent d’un grand secours pour le maintien de la sécurité entre les différents hameaux de cette vaste commune.

Dans la nuit du 17 au 18 avril on vit sur les montagnes, à l'est de la Mitidja, de nombreux feux allumés, qui étaient autant de signaux.

Le 18, les agressions et les actes de pillage commencèrent sur plusieurs points à la fois; des bandes armées parcouraient la plaine, faisant fuir les habitants des maisons isolées, enlevant les bestiaux et les objets à leur convenance, mettant le feu aux meules.

Ce jour-là, lorsque la diligence de Dellis arriva à Azib-Zamoun, l’amine -el-oumena Omar-Benzamoun prévint le conducteur et les voyageurs que la route était coupée, que deux charretiers conduisant des voitures de denrées avaient été assassinés, et que les marchandises avaient été pillées. Il engagea-vivement les voyageurs à se réfugier dans le caravansérail, où il répondrait de leur vie et de leur sécurité. Déjà plusieurs Européens, colons ou ouvriers, étaient venus, sous sa protection, chercher asile dans ce bordj crénelé, situé sur une excellente position défensive. La diligence s’y remisa avec ses voyageurs.

Leur confiance ne fut pas trompée : Omar-Benzamoun les couvrit de sonanaya, et grâce à lui 30 Européens purent rester vingt et un jours en

1. L’effectif de la colonne Muel était de 1,426 hommes et 30U chevaux.

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