‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 77 sur 202 · I. A Iv II OUA ANE RIE · texte numérisé non relu

I. A Iv II OUA ANE RIE

sûreté au milieu de toute une population insurgée et se battant contre nos soldats.

Le même jour, à 12 kilomètres plus près d'Alger, au village de Bordj-Menaïel, l'insurrection s'affirmait d'une façon brutale.

Déjà depuis quelque temps une grande effervescence régnait dans cette localité par suite des nouvelles venues de la Kabylie; cependant les indigènes protestaient encore de leur fidélité, et le caïd Saïd-ben- Ahmed avait réussi à empêcher les colons d'abandonner le village et d’aller se réfugier à Del lis. Ceux-ci s’étaient contentés d’évacuer les fermes isolées et de les garder de leur mieux, au moyen de patrouilles armées qu'ils faisaient avec l’aide et le concours des indigènes du voisinage.

Le 18 avril, une de ces patrouilles, composée de 4 miliciens, arrivait vers la ferme Mignot au moment où une bande armée commençait à la piller. A la vue des miliciens, les indigènes prirent la fuite.

Pendant ce temps, un jeune colon, qui avait été envoyé à la ferme du Corso pour en ramener 70 tètes de bétail, était attaqué par une autre bande que commandait le vieux cadi Mohammed-ben-Bouzid, moqaddem des Rahmanya. On lui enleva son fusil et son troupeau. Une fuis délivré de l’étreinte des agresseurs qui l’avaient dépouillé, il prit la fuite vers le village : un des pillards le mit en joue, mais Ben- Bouzid releva vivement l’arme en disant : « Ce n’est pas le moment. »

Le cadi, en agissant ainsi, obéissait à la consigne générale des chefs de l'insurrection qui réprouvaient les cruautés inutiles.

A son arrivée au village, le jeune colon porta plainte au caïd Saïdben-Ahmed, qui lit rendre le troupeau, et persuada aux colons que le seul moyen de conserver leurs bêtes était de les lui confier en dépôt, contre un reçu en règle, ce qui fut fait, et le troupeau repartit immédiatement pour une des fermes du caïd, sur l Oued-Chindeur.

Cependant, sous l’impulsion du cadi Mohammed-ben-Bouzid, les bandes armées continuaient leur œuvre de dévastation, et il n’y avait plus d’illusion à avoir sur l’attitude des indigènes : quelques-uns déclaraient même avec franchise que, leur intérêt étaid de rester du côté des plus forts, ils entendaient sauvegarder leurs biens en se joignant aux insurgés, maîtres du pays depuis Bougie jusqu’à l’Oued- Isser.

Dans la journée, une bande de 300 indigènes environ entoura la • mairie, que gardaient 8 miliciens, et elle réclama les armes et les munitions qui y étaient en dépôt. L'adjoint français résista de son mieux en parlementant, car il n'y eut pas d'agression proprement

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