Khachna de la montagne
2. L’ordre constituant la "colonne d'avant-garde» est du 19 avril; il énumère ainsi sa composition :
1° Garde nationale mobilisable;
2° Deux bataillons de zouaves, 820 hommes;
8° Deux bataillons de tirailleurs, 930 hommes;
4° Deux sections d'artillerie, 88 hommes;
9° Une section de génie, 30 hommes;
0° Train, 30 hommes.
Services auxiliaires, ambulance, intendance, etc.
lancés en avant et chargent avec une véritable furie. L'infanterie, y compris les francs-tireurs, les suit, divisée en trois colonnes et précédée par une longue ligne de tirailleurs.
L'artillerie, placée aux ailes, croise ses feux en avant aussitôt que la cavalerie a dégagé le front d’attaque pour se jeter en fourrageurs à droite et à gauche de ces tirailleurs, qui occupent près de quatre kilomètres. On avance ainsi déployé jusqu’au delà des crêtes dominant l'Oued-Corso, et l’on .brûle les gourbis, les meules et le village arabe de Sidi-Bouramou.
Nous eûmes un spahi tué et quatre blessés, dont un mortellement. Le rapport publié à cette époque dit qu’on trouva sur le terrain huit cadavres d'insurgés ; il ne parle pas des neuf indigènes qui, pris les armes à la main, furent fusillés le soir même « sur l’avis de M. le baron de S..., maire de l'Alma, et des notabilités de la localité ».
Alors que nous ne savions rien du sort de nos colons tombés aux mains des indigènes, c’était là une cruauté inutile et impolitique. Lite eut pour effet de nous mettre sur les bras pendant près d’un mois quarante-six femmes et enfants qui, le soir même, vinrent spontanément au camp implorer notre pitié et surtout se faire nourrir.
Les victimes étaient, comme cela arrive presque toujours dans les exécutions sommaires, de pauvres diables inconnus et sans importance.
Quoiqu’il en soit, l’arrivée de la colonne à L’Alma, l’heureuse issue de son premier combat, le bruit du canon, la vue des patrouilles qui parcouraient la plaine, en pantalons rouges, la violence même de la répression, firent descendre delà montagne un certain nombre de fugitifs indigènes qui demandèrent à rejoindre leurs haouchs en arrière de l'Alma et qui nous offrirent leurs services comme convoyeurs ou auxiliaires.
Le 23 avril, la journée fut calme à l’Alma, où on organisa le camp ; le colonel y reçut l’ordre d’essayer, avec une colonne légère, de gagner Paiestro et de dégager les habitants, que des nouvelles arrivées la veille et l’avant-veille représentaient comme cernés par les insurgés, dans une maison transformée en redoute1.
Il fut tout de suite enjoint au caïd des Krachna d’amener d'urgence tous les mulets qu’il pourrait ramasser, car il y a 47 kilomètres de l’Alma à Paiestro, et il importait de faire ce trajet rapidement.
Pendantque le colonel choisissait les meilleurs marcheurs des tiraii-