‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 8 sur 202 · Près Tiaret · texte numérisé non relu

Près Tiaret

INTRODUCTI O N

de combats très brillants, mais absolument inutiles1 2 3. Pendant ce temps, nos goums fondaient, et El-hadj-Mostafa, beau-frère de l’émir, et Ahmed-Chérif-benchikh-Saad, son allié avec les Righa-Dabra, faisaient autour de Sétif, au détriment de nos alliés indigènes, une guerre de courses et de razzias qui coupaient nos communications et nous montraient impuissants à protéger nos nouveaux sujets.

Le khalifat Moqrani guerroya, sans grand succès, jusqu’au 20 mai 1840, où une sortie du colonel Levasseur et de la garnison de Sétif amena la soumission des Righa-Quebala et de Mohammed -Sgir-ben-chikh-Saad, frère d’Ahmed-Chérif, chef du soft des Quebala, jusqu’à ce jour lieutenant actif d’Abdesselem et de l’émir. Cette affaire, à laquelle notre khalifat prit une part honorable, éloigna pour quelques semaines les contingents d’Abdcsselem.

Mais cette accalmie fut de courte durée; la nécessité de démonstrations armées du côté de Philippeville et d’autres points menacés nous avait forcés à réduire la garnison de Sétif et à supprimer le camp d’Aïn-Turc. Cela ressemblait à une retraite, et il n’en, faut jamais avec les indigènes. El-hadj-Mostafa, khalifat et beau-frère de l’émir, profita de cette diminution de nos troupes pour arriver de Msila au mois de juillet, à travers les Avad et Bordj-Redir. J1 avait avec lui, disait-on, b, 000 cavaliers et \ ,500 fantassins. Devantde pareilles forces, le khalifat Moqrani fut obligé de se replier avec sa zmala dans les montagnes, près de Zemora; la garnison de Sétif fut pour ainsi dire bloquée. On se battit jusque sur l’emplacement du marché et sur celui du cimetière; et, depuis les Abdelnour jusqu’au Sahara, les contingents affluèrent autour d’El-hadj-Mostafa. La situation, au mois d’août 1840, était devenue critique, quand le colonel Levasseur reçut enfin les renforts qu’il sollicitait depuis quelque temps. Aussitôt il se porta sur le camp que El-hadj-Mostafa avait installé à 20 kilomètres seulement de Sétif, à Merdja-Zerga, et battit complètement les contingents du khalifat de l’émir. Dans cette affaire, une poignée de Français*, aidés des goums bien réduits d’Ahmed-el-Moqrani, de Ben-Ouari, de Chikh-Messaoud, eurent raison de 0,000 cavaliers et de 1,200 réguliers.

Ce combat, qui fut sans contredit un des plus brillants de ceux livrés par l’armée d'Afrique, ne fit pas grand bruit chez les Français; mais il produisit un grand effet sur les indigènes. El-hadj-Mostafa fut forcé de se replier à Bordj-Redir, et plus tard à Msila. Le khalifat Moqrani dégagea la Medjana, reprit possession de son commandement et put dès lors affirmer notre autorité et aider utilement nos opérations militaires.

Quelque temps après, le 15 octobre 1840, on créait la subdivision de Sétif, comprenant « le Djerid et le khalifat de la Medjana », avec extension des limites de l’arrondissement jusqu'à la Méditerranée, entre Bougie et Djidjelli.

L’arrêté de création maintenait néanmoins la situation faite au khalifat Moqrani et au chikh-el-Arab par l’arrêté du 30 septembre*.

Le 22 février 1841, le général Bugeaud4 remplaçait le maréchal Valée et

1. Notamment celui du 8 mai 1 840, colonel Lafontaine; celui du 9, commannant Richepanse; 11 mai, lieutenant Bourbaki et commandant Richepanse ; io mai, colonel Lafontaine; 20 mai, aux Righa-Quebala, colonel Levasseur.

2. Deux bataillons de ligne, deux compagnies de tirailleurs, quatre escadrons de chasseurs d’Afrique, une demi-batterie, sept à huit cents goumiers.

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