‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 88 sur 202 · LA KM OU ANN EU IE · texte numérisé non relu

LA KM OU ANN EU IE

rée (lu moqaddem Mobammed-ou-Ali-Ouqadi , pour empêcher que Ben-Ali-Ghérif ne fût victime du fanatisme de quelque fou. L’affectation que mettait le marabout de Chellata à effacer sa grande personnalité politique et religieuse, et à se renfermer dans son rôle d’étranger et de réfugié, n'était pas pour lui concilier les sympathies des insurgés.

Le caïd Ali, complètement débordé par une situation qu'il subissait sans la diriger, venait parfois demander des conseils à son ami : il en recevait toujours de pacifiques.

C’est ainsi que fut décidé l’envoi d’un parlementaire, chargé d’offrir au commandant Letellier, « au nom de l’amitié et des anciennes relations, de lui fournir un appui armé pour le conduire avec tout son monde, gardant armes et bagages, là il voudrait aller se mettre en sûreté ». — Pour Ben-Ali-Chérif et pour Oukaci, c'était un moyen de rejoindre Alger et de se faire valoir comme protecteurs des Français. Pour les moqaddems, c’était l'évacuation du bordj et la victoire de l’Islam sur les chrétiens.

Mais le parlementaire Si-Saïd-Naït-el-Hadj ne reçut qu’une réponse hautaine : « Va dire au caïd Ali qu’il mette bas Jes armes, sinon un châtiment sévère 11e se fera pas attendre. »

C’était la seule réponse que pouvait faire un officier assiégé. Ali- Oukaci ne s’en rendit pas compte : il crut qu’il avait été mal compris, et il envoya, le 30, un nouveau parlementaire pour bien expliquer son intention de nous rendre un dernier service pendant qu’il le pouvait encore.

La réponse fut plus dure que la première fois, et il fut prévenu qu’on n'accepterait plus de parlementaire.

Ali-Oukaci fit cependant une troisième tentative; le malheureux émissaire prit des précautions extrêmes pour se glisser jusqu’à portée

tribus soulevées et accroît son armée. Ce n’est pas comme Ben-Ali-Chérif, qui reste caché sous sa tente.

« Le caïd Ali a levé son drapeau pour la guerre sainte : la poudre a commencé à parler. Le caïd Ali est à. cheval, Mohammed- Amoqrane à ses côtés. Ce n’est pas comme Ben-Ali-Chérif, qui reste caché dans sa tente.

« Les Ouled-Oukaci ont déployé leur drapeau pour allumer la guerre sainte, ils sont en face des canons et des balles; ils ont fait le sacrifice de leur vie. Ce n’est pas comme Ben-Ali-Chérif, qui s’est sauvé dans sa maison.

« Femmes, jurez que vous ne porterez plus ni mousseline ni bracelets. Les Ouled-Moqrane sont partis avec leurs enfants et se sont réfugiés en Tunisie. Ce n’est pas comme Ben-Ali-Chérif, qui a les chrétiens dans son parti. »

La dernière strophe a dù être ajoutée postérieurement au 20 janvier 1812, puisqu’il est question de la fuite des U. Moqrane en Tunisie.)

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