Le bachaghalik de Belgacem-Oukaci comprenait
L’aghalik des Taourga, l’aghalik des Amraoua et le commandement nominal de tout ce qui fut plus tard le cercle de Fort-National.
2. Lemdani mourut le G avril 1835, l’aghalik fut supprimé le 16 mai, el Louuis nommé caïd de Taourga le 16 juin 1855. Le district civil de Dellis fut créé par décret du 31 décembre 1856 et fonctionna en février 1857.
3. Le 30 mars 1872, la cour d'assises condamnait les six membres suivants de sa famille :
Saïd-ou-Allal, Mohammed-benTIamdan-ou-Allal, à la peine de mort; Ali-Sghir-
DELLIS
chose, il donnait à l'insurrection un nom populaire et toute une bande de fils et de neveux ardents et courageux.
Tous ces gens acclamèrent El-hadj-Aomar-ben-Mahieddine « agha des combattants de la guerre sainte » ; mais, à cause de son âge, il laissa le commandement effectif à ses cinq fils : Ahmed, Mohammed, Ismaïl, El-hadj-Saïd et Ali.
Avant de se déclarer ouvertement contre nous, ils vinrent une dernière fois à Dellis prier le commissaire civil de leur délivrer des armes et des munitions « pour couvrir la ville, qui pourrait être attaquée ». Ce beau zèle, auquel on n'était pas habitué, éveilla la méfiance des autorités, qui refusèrent, ou plutôt ajournèrent, afin de laisser aux événements le temps de se dessiner; ce qui ne tarda guère.
L’insurrection commença, en effet, le 17 avril au matin, à 17 kilomètres au sud de Dellis, par une nefra sur le marché de Rebeval, village français bâti à côté de la taddert de Berlia, avec laquelle les colons étaient en relations journalières.
Il fallut l'intervention de gendarmes, de spahis et de miliciens, pour dissiper les perturbateurs et pour les empêcher de se jeter sur les habitations. En réalité, cette bagarre n’avait pour but que d’effrayer les colons et de les faire rentrer à Dellis; on exécutait les ordres de Seddouq et de la Medjana. Aussi, dès que le calme fut rétabli sur le marché, les notables de Berlia et les parents de l’exagha Sghir-AlIal-ben-Ahmed vinrent trouver les colons, et leur firent un tableau très sombre de la situation. Ils leur dirent, entre autres choses, que « le caïd Ali-Oukaci, déjà maître de Tizi-Ouzou, marchait sur Dellis avec de forts contingents ; que tous les gens de Berlia venaient d'être convoqués à Taourga par El-hadj-Aumar-ou-Mahieddine, qui s'apprêtait à barrer la route de Dellis aux contingents d’Oukaci ». Ils engageaient donc les colons à partir au plus vite, et ils offraient de leur louer des bêtes pour enlever leurs effets, pendant qu’il en était temps encore.
Les colons avaient grande confiance dans leurs voisins, et ils étaient déjà décidés à partir, quand, vers les quatre heures et demie, l’adjoint reçut une lettre du maire de Dellis les invitant à se replier au plus vite sur la ville.
Dans la matinée, en effet, « caïd Lounis » Ben-Mahieddine avait
ben-Mohanimed-ou- Allai , Slimane-ben-Mohammed-ou-Allal , Mohammed-Belgacem-ou- Allai, aux travaux forcés à perpétuité; Lounis-ben-el-hadj-Mohammedou- Allai, à la déportation.
LA KH0UANNER1E
prévenu le général Hanoteau que l’insurrection gagnait du terrain et que les Beni-Ouaguenoun devaient, le jour même ou le lendemain, commencer l’attaque et le pillage des villages, fermes isolées et maisons de plaisance de la banlieue de Dellis. Le maire, avisé de cette communication, avait requis les gendarmes disponibles pour porter des lettres dans toutes les directions.
Dès que l’adjoint de Rebeval eut donné connaissance de l'avertissement du maire, la plupart des colons, tant du village que des fermes voisines, mirent à la hâte sur des voitures leurs effets les plus précieux, et partirent par petits groupes pour Dellis.
Ils traversèrent le hameau français de Ben-Nchoud, déjà évacué en partie, et où il ne restait plus que huit colons, décidés à tout braver. Chacun des deux premiers groupes, qui arrivèrent à Dellis vers les dix heures et demie du soir, essuya un coup de feu d'un individu embusqué près la route : un colon fut légèrement blessé à la jambe.
A leur arrivée, le général Hanoteau, sachant que d’autres colons suivaient, chargea AI. Guérin, son interprète militaire, qu’il avait sous la main, d’aller au-devant des arrivants avec huit spahis.
M . Guérin partit à onze heures ; il disposa ses spahis en fourrageurs, et leur recommanda de faire résonner leurs étriers et leurs armes, afin de donner l'illusion d’une troupe plus nombreuse; lui-mème parlait ou chantait à haute voix, afin de ne pas effrayer les colons. Il rencontra ainsi le gros des habitants de Rebeval entre le quatrième el le cinquième kilomètre, et fut, par eux, empêché d’aller plus loin, car ceux qui étaient restés ne voulaient pas entendre parler de quitter leurs maisons. L'interprète et les colons arrivèrent sans encombre à Dellis vers les deux heures du matin.
Pendant ce temps, ceux restés à Rebeval, après s’ètre groupés à la la tombée de la nuit, avaient vu venir à eux une trentaine d’indigènes de Berlia, conduits parleur chikh Saïd-ou-AlIal et par Ali-Sghir-ben- AIohammed-ou-Allal , qui offraient leur concours pour garder les Européens. Leur présence, loin de rassurer les colons, en effraya plusieurs, qui partirent immédiatement pour Dellis, où ils arrivèrent un peu après deux heures du matin, sans incident fâcheux et se félicitant fort de leur détermination. En route, ils avaient vu les crêtes garnies de feux de bivouac et plusieurs incendies dans-la direction de fermes françaises. Us avaient aussi entendu des coups de feu dans le lointain.
En effet, le 17, vers les onze heures et demie du soir, une bande de 25 pillards, conduite par un certain Mohammed-Sghir-ben-Khelil, était arrivée à la ferme Jeannin, et avait débuté par effrayer à coups
T) KLLIS
de fusil, sans d’ailleurs les viser, un groupe de khammès qui montaient la garde autour d’un feu allumé en plein air. Au bruit de la fusillade, le fermier était accouru couvert d’un bernons: il avait entendu ses kbammès injurier les bandits, qui, pour toute réponse, lirent une décharge générale sur le groupe. Le fermier, effrayé, rentra, mit sur ses épaules sa femme apeurée, et prit la fuite à travers champs, essuyant en route quelques coups de feu qui ne l’atteignirent pas. Il alla demander asile dans une ferme voisine, d'où, le lendemain,, il gagna Dellis.
Plusieurs épisodes analogues avaient lieu en ce moment aux environs de Rebeval; un colon isolé, ainsi menacé, alla se réfugier chez un voisin indigène nommé Mohammed-ben-Mahieddine, simple paysan kabyle, n’ayant rien de commun avec son homonyme de Taourga. Il y fut bien reçu, et rentra au point du jour à Rebeval, où, en somme, la nuit du 17 au 18 s’était passée, sinon sans alertes, du moins sans attaque.
Le 18 au matin, les neuf colons restés dans le village se décident à rentrer à Dellis ; mais à peine sont-ils en marche qu’ils trouvent la route barrée par Saïd-ou-Allal, à la tête des gens de Rerlia, et par une autre bande étrangère à la localiLé. On les arrête, mais c’est pour leur faire dès protestations d’amitié; on veut qu’ils retournent au village; on demande à leur acheter à bas prix les grains qu’ils abandonnent ; puis, quand les Européens ont repris confiance et ne se tiennent plus sur la défensive, on les entoure et on cherche à les désarmer.
Trois d’entre eux1 réussissent à entrer dans la maison d’école, s’y barricadent, et commencent un feu bien ajusté sur leurs agresseurs. Les six autres courent dans diverses directions: les indigènes les poursuivent, et les tuent à coups de fusil; puis, donnant les armes de leurs victimes à six d’entre eux qui n'ont que des matraques, ils reviennent attaquer la maison d’école, dont les vaillants défenseurs ont déjà abattu trois ou quatre des assaillants.
L’issue de la lutte ne pouvait être douteuse, ils étaient plus de cent indigènes contre trois Français, bientôt ceux-ci sont blessés, et leurs munitions s'épuisent. Les assaillants s’en aperçoivent, et redoublent leur feu. Mais le moqaddem Si-Mohammed-Chérif-el-Grebissi, le paysan Mohammed-ben-Mahieddine, qui a sauvé la veille un Européen, le khammès Ameur-Sabri et une vieille femme influente,