‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 91 sur 202 · A1M. Soudan, Lambert et Blanc fil s · texte numérisé non relu

A1M. Soudan, Lambert et Blanc fil s

LA K110UANNERIE

Fatma-bent-Y allia, essayent d’arrêter la lutte: « Ces Français sont de braves gens, mieux vaut les garder comme otages et prisonniers... »; les Ouled-Allal, tous les notables, sont de cet avis et crient de cesse)' l’attaque. Leurs paroles sont couvertes par des injures, et des forcenés, qu’excite un certain Omar-ben-Moliammed-Oukaci r, paysan de Berlia, entourent la maison de broussailles sèches qu’ils enflamment, et dans lesquelles ils jettent du bois et des meubles.

L’incendie dévore la maison, qui ensevelit les trois malheureux sous ses ruines fumantes1 2 3.

Le même jour 18 avril, le hameau de Ben-Nchoud était le théâtre d’un épisode semblable. Là aussi les chefs rebelles n’en voulaient qu’aux armes et aux propriétés des colons. Ils poursuivaient l’évacuation du village et le partage des biens; mais ils n’avaient aucune haine systématique contre les personnes.

Le matin, trois des huit colon* qui avaient passé la nuit à Ben- Nchoud étaient partis à Dellis, afin de ramener des voitures pour enlever leurs effets; ils n’avaient pas été inquiétés. Une heure après leur départ, les cinq colons restant entendaient la fusillade crépiter du côté de Rebeval, puis ils voyaient les crêtes se garnir de groupes armés et enfin des bandes piller les habitations isolées, entre autres la ferme Tardieu, qui domine le village.

Ils se mettent alors en route, sans attendre le retour de leurs camarades, ce qui les fait passer à une portée de fusil de cette ferme. Les sentinelles indigènes, qui montent la garde autour des bâtiments que les pillards sont en train de dévaliser, les voient très bien ; ils les regardent, sans faire contre eux aucune démonstration hostile.

Malheureusement, un des cinq colons, le sieur Brassenhaüer, en un mouvement de colère irréfléchie, a l'imprudence de faire feu dans cette direction. Une des sentinelles, Belgacem-ou-Mohammed-el-Amri, leur crie : « Qu’est-ce que c’est? qu’avez-vous fait là? » et en même temps, lâchant son coup de .fusil sur les Européens, il appelle à la rescousse. Les colons prennent la fuite et courent s’abriter derrière les talus de la route. Mohammed-Saïd-ben-Lounis 5, le fils de « caïd Lounis »,

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