‹ Histoire de l'intelligence (volume 2)Chapitre 13 sur 43 · BB LA CONCEPTION BT DU CONCEPT · texte numérisé non relu

BB LA CONCEPTION BT DU CONCEPT

Mais s'il m'est donné de saisir plusieurs termes à la fois ; si je puis appréhender en même temps, individuellement, toutes les parties qui composent un ensemble , je n'y parviens jamais tout d'un coup : comment le pourrais-je? j'ignore s'ily alà, sous mon regard, plusieurs parties : plura appercepta, formant un ensemble. Avant de pouvoir appréhender à la fois toutes les parties d'un ensemble, je suis obligé-de les chercher, de les appréhender une à une. Je saisis d'abord une première partie; puis, en tenant celle-là saisie, j'en appréhende une seconde ; puis, en tenant les deux premières saisies , j'en appréhende une troisième; ainsi de suite, jusqu'à ce que je tienne à la fois toutes les parties. Cette successivité nécessaire des perceptions , dans l'appréhension des figures matérielles, pour arriver à l'appréhension simultanée de toutes les parties , est peut-être ce qui a trompé Kant et Dugald-Stewart. Ce dernier, du moins, parait vouloir y trouver un argument en faveur de V apperception suc-cessive; mais si l'appréhension successive des parties précède partout leur appréhension simultanée, elle ne la remplace pas ; elle la prépare au contraire et y mène toujours.

2. Mais qu'est-ce qui dirige le regard dans l'appréhension successive des parties d'un ensemble ? qu'estce qui me montre, parmi cette variété infinie de couleurs qui posent devant moi , parmi cette foule de résistances sraties, les parties que je dois prendre et celles que je dois laisser? En un mot, quelle est la lumière qui éclaire la conception dans le choix des intuitions qu'elle associe? Ce n'est pas, comme aujourd'hui, le concept de

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l'ensemble» ce qu'on appelle ordinairement l'idée de l'objet y y. G. » ridée d'arbre , de cercle , de maison ; puisque ce concept n'existe pas encore. C'est l'idée, l'idée proprement dite , l'idée véritable , par exemple , dans le plan des couleurs, pour l'appréhension des formes matérielles (colorées), l'idée de blanc, de rouge, de vert, de noir ou tout autre ; en un mot, c'est la perception d'une différence. Je vais en donner im exemple facile à comprendre ; je le prendrai parmi les couleurs. L'aire de ma chambre est formée par des hexagones réguliers. Tous ces hexagones sont de la même couleur; par conséquent, ils ne forment entr'eux aucune figure. J'assemble pourtant ces polygones du regard et je trouve parmi eux, en les prenant apperceptivement plusieurs à la fois , des lignes droites , des triangles , des losanges, des cercles, etc. Ce qui dirige alors mon regard, ce qui l'éclaire dans le choix qu'il faitdes polygones, c'est l'idée, ou plutôt , c'est le concept de ligne droite , de triangle, de losange et de cercle. Dans ce cas, l'appréhension des différents polygones nécessaires pour former une figure, a lieu à priori; elle n'est possible qu'avec des concepts, et la figure ainsi formée est une création de l'esprit : je la produis, la maintiens un instant; puis je la laisse retomber pour en former un autre au même endroit et avec les mêmes éléments. Mais supposez, parmi ces hexagones tous de la même couleur, d'autres hexagones ayant une couleur différente, et disposés, au milieu des premiers, de manière à former des figures (a) , l'appréhen-

(a) Voyei la planche 2.

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