HISTOIRE DE L INTELLIUKNCE, LIV. II, GH. UI
de jacinthes, et par là je les confonds. Mais bientôt soupçonnant des différences entr'elles, je les recueille , puis les rapproche sous mon regard du narcisse ; puis ce rapprochement terminé, l'apperception invariablement fixée, d'une part, sur LA COULEUR dans le narcisse, d'autre part, j'appréhende avec elle le narcisse, d'abord au moy^ du tapis vert qui le limite , puis au moyen de la rose, au moyen de la renoncule, de l'orange, delà grappe de jacinthes ; et , par là, j'arrive, premièrement, à saisir dans le narcisse la différence qui s'y trouve déterminée par toutes ces couleurs individuelles ; deuxièmement» à prendre cette différence avec LA COULEUR dans le rapport substmis : voilà l'idée de blanc ou de blancheue, et le concept de COULEUR blanche, de LA COULEUR ilanchb, DU MOI COULEUR blanche.
L'idée de rouge et le concept de COULEUR bouge, l'idée de JAUNE et le concept de COULEUR jaune, l'idée d'oRANGE ; aureus, et le concept de COULEUR orange, l'idée de bleu et le concept de COULEUR bleus, l'idée de VERT et le concept de COULEUR verte, seraient acquises et formés de la même manière. 11 suffit, pour les obtenir maintenant, de déplacer l'intuition de la couleur, ce point fixe autour duquel tourne la comparaison, de la mettresur la rose, la renoncule, l'orange, la grappe de jacinthes, le gazon de mousse, et de recommencer chaque fois la comparaison. L'art que suppose ici la perception, la nature ne tarde pas à nous l'avoir appris : long-temps nous le pratiquons instinctivement, sans savoir que nous le pratiquons; et c'est aujourd'hui, c'est ici même pour la première fois, que cet art arrive à se comprendre , à se connaître ; c'est