‹ Histoire de l'intelligence (volume 2)Chapitre 25 sur 43 · CONCLUSION GÉN. DES T10I8PRBH. CHAP. OU 80LUT. ETC · texte numérisé non relu

CONCLUSION GÉN. DES T10I8PRBH. CHAP. OU 80LUT. ETC

est d'accord ; mais lé second d'où vient-il et que repré- 8ente-t41 ? Pour nous cet élément vient du groupe dans lequel l'objet se trouve délimité : du plan des couleurs, du corps humain, du moi vivant, c'est-à-dire passant d'un état à un autre; et représente l'apperception vague de ce groupe tout entier au moment où l'objet est appréhendé. Mais cette réponse suppose l'apperception simultanée des couleurs, l'apperception simultanée des résistances, l'apperception simultanée, dans un changement du moi, des deux états successifs dont la vie se compose; et, si, trompés par je ne sais quelle illusion , ou forcés par un principe faux antérieurement admis, vous rejetez l'apperception simultanée pour admettre à sa place et seulement l'apperception successive, cette réponse n'est plus possible ; il faut chercher ailleurs l'origine de cet élément de l'idée. Mais cette origine, où la prendrez-vous maintenant? La réalité n'a plus rien d'où cet élément puisse venir et dont il puisse être la reproduction; vous êtes sur le chemin de la raison pure : cet élément ne vient pas de la réalité, mais de l'apperception elle-même ; il ne représente pas une chose réelle, mais une forme du moi appercevant, une intuition pure ; et l'idée est d'une part à posteriori, et de l'autre à priori : elle a une double origine. Vous savez où cela mène.

Mais à quoi bon cette hypothèse et ses conséquences déplorables ? Un objet, un fait quelconque ne se trouve-^ tril pas toujours soit dans le plan des couleurs, soit dans le corps humain, soit dans le moi vivant? ne le saisissez-vous pas toujours dans l'un ou l'autre de ces

302 nsroiie ms L'nrnnxiâBiiCB, uv. n, gb. iy.

trois mondes, et au moment où vous le ssdsissez, n'appercevez-yous pas encore vaguement le m(mde tout entier dans lequel il se trouve? Enfin, n'est-ce pas au moyen de Tapperception vague de ce monde, daos lequel l'objet se trouve déterminé, que vous le saisissez, que vous pouvez le saisir ? Eh bien ! ne trouvez-vous pas là l'origine des deux éléments de l'idée? n'avezvous pas dans l'appréhension de l'objet l'origine du premier; dans l'apperception vague du monde qui le contient, l'origine du second ? Les deux éléments de l'idée se trouvent ainsi dans la réalité, et l'idée tout entière est à posteriori.

Remarquez en effet que l'apperception vague, soit du plan des couleurs, soit du corps humain, soit du moi vivant, a tous les caractères que Kant, au nom de l'analyse, impose à son intuition pure .

Premièrement, ce n'est pas un concept : il n'y a point là deux ou plusieurs choses prises ensemble, mais une intuition, ou simple apperception.

Deuxièmement, elle est infinie; noti finita (a), et non indéfinie, c'est-à-dire non finissable : non finibilis, qui est le caractère du concept.

Troisièmement, ce n'est pas une représentation à proprement parler : il n'y a là rien de représenté, puisqu'il n'y a rien de saisi ; mais le fondement, la condition de toutes nos représentations, soit idée, soit concept, puisque c'est en elle seulement qu'une chose peut être saisie et que deux ou plusieurs choses peuvent être

[a] Voyez liv. I, l IV.

Page 1